La centrale nucléaire de Cattenom en Moselle
La centrale nucléaire de Cattenom en Moselle © MaxPPP

Alors que le leader du syndicat, Philippe Martinez, appelle à une "généralisation de la grève", notamment dans les centrales nucléaires françaises, le gouvernement assure qu'il ne lâchera rien, en tout cas rien d'essentiel, sur le projet de loi.

On n'aurait pas imaginé, il y a encore quelques années, un gouvernement socialiste reprendre la traditionnelle rhétorique de la droite sur la "prise d'otages" que constituerait une grève. Et pourtant, c'est en substance le message qu'a fait passer Manuel Valls ce mercredi devant l'Assemblée nationale. "Ce n'est pas la CGT qui fait la loi dans ce pays" , a-t-il tonné devant les députés, rappelant qu'il n'y aura ni retrait du texte, ni remise en cause de son fameux article 2.

"Nous agissons pour les Français et pour notre économie ne soit pas asphyxiée par les agissements de quelques-uns". À l'adresse de ceux qui bloquent et souhaitent renverser le gouvernement, le Premier ministre décoche même que derrière, ce serait la droite dure , celle qui considère que les syndicats ne sont rien, bref : que la grève fait le lit du populisme.

Derrière le discours très ferme du Premier Ministre, la majorité fait toutefois entendre une voix plus singulière. Bruno Leroux, patron des députés socialistes, ose à l'inverse dire qu'il faut reprendre le dialogue avec les syndicats sur d'éventuels aménagements sur l'article 2 . Les frondeurs, eux, jouent la carte du compromis et en appellent directement à Francois Hollande.

Le blocage s'étend et se limite à la fois

Sur le terrain et loin du Palais-Bourbon, la mobilisation est bien réelle, et le bras de fer se durcit. La CGT, parfois avec l'appui de FO dans certains secteurs, multiplie les actions : sur le carburant depuis plusieurs jours, mais aussi sur le ferroviaire, l'aérien, les ports et même le nucléaire. Les personnels de 19 centrales françaises ont en effet voté la grève pour la journée de jeudi. Une grève qui n'entraînera pas de coupures de courant, mais une baisse de charge sur les différents sites.

Avec peut-être ce léger avantage pour le gouvernement : une mobilisation pas toujours au maximum.À la SNCF par exemple, si la grève se poursuit ce jeudi, elle entraîne des perturbations modérées. Le rail a connu mercredi sa journée la plus faible depuis le début du mouvement contre la loi Travail, avec seulement 10,6 % de grévistes selon la SNCF. Côté pétrole, le gouvernement a annoncé mercredi le déblocage de onze dépôts de carburant.

Dans les régions de l'Ouest, les préfets annoncent même la fin des restrictions d'approvisionnement pour les automobilistes (qui ne pouvaient se servir que de façon limitée), assurant que le réseau des stations-services avait été suffisamment réalimenté pour que personne ne manque d'essence. Méthode Coué ou début de la fin pour les files d'attente ? On le verra vite à la pompe.

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