Manuel Valls et Pierre Gattaz
Manuel Valls et Pierre Gattaz © MaxPPP

L'organisation patronale a donné mardi trois semaines au gouvernement pour revenir à la version initiale du projet de loi, qui lui convenait parfaitement, et menace de se retirer des négociations sur l'assurance-chômage. "Pas à la hauteur de la responsabilité qui est celle du patronat", pour Matignon.

Quand le Medef durcit le ton, le Premier ministre le hausse. Au lendemain d'une réunion du conseil exécutif de l'organisation, Pierre Gattaz a lancé un ultimatum au gouvernement sur la loi Travail , lors de sa conférence de presse mensuelle.

Le conseil exécutif considère que le projet de loi tel qu'il est ne donne pas aux entreprises les outils nécessaires pour retrouver le chemin du développement de l'emploi. Il existe désormais une très forte défiance de l'ensemble des chefs d'entreprise et des membres du conseil exécutif sur ce projet.

Un avertissement solennel relayé aussi par écrit, notamment sur les réseaux sociaux.

Le Medef avait salué la première version du projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri , profondément rejeté à l'époque aussi bien par les syndicats que par les mouvements de protestation des étudiants, lycéens et jeunes travailleurs. Cela avait poussé le gouvernement à revoir (en partie) sa copie, provoquant cette fois la colère des patrons.

"Le sentiment est qu'on est face à un gouvernement qui ne tient rien" , souligne-t-on dans l'entourage de Pierre Gattaz. "On ne veut pas être associé au naufrage qui arrive."

Un projet "otage de débats internes"

Le gouvernement a vivement réagi quelques heures plus tard. Pour Matignon, le texte de loi est tout simplement "otage de débats internes" à l'organisation patronale.

On avait compté sur le fait que la voix de la raison soit le centre de gravité de la position du patronat. Et là, en fonction d'enjeux internes, le Medef change de position en prenant en otage l'assurance-chômage . Ce n'est pas à la hauteur de la responsabilité qui est celle du patronat dans ce pays.

Le vote solennel sur la loi Travail est prévu le 17 mai. Le 9 mai, lors du prochain conseil exécutif du Medef, ce dernier pourra éventuellement "tirer les conséquences qui s'imposeront" en cas de maintien du projet modifié. Ce qui pourrait avoir des conséquences directes sur les négociations autour de la nouvelle convention d'assurance chômage, qui doivent reprendre le 28 avril.

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