Manifestations de lycéens et étudiants à Paris contre la loi travail, le 24 mars 2016
Manifestations de lycéens et étudiants à Paris contre la loi travail, le 24 mars 2016 © Radio France

Jour J pour les syndicats qui rejettent en bloc le projet de loi El Khomri : grèves et manifestations au programme pour la CGT, FO, FSU, Solidaires, l'Unef, l'UNEL et la FIDL. D'autres syndicats n'ont pas suivi, mais les cortèges devraient être fournis.

Ceux qui ont décidé de ne pas participer (à commencer par la CFDT) ne sont pas forcément moins critiques sur le texte, mais estiment que la discussion va dans le bon sens et pourrait aboutir plus facilement que la voie de la rue. Celle-ci devrait toutefois être bien remplie, d'ailleurs même les syndicats qui n'appellent pas à la manifestation l'avouent à voix basse : "Bien sûr qu'il y aura du monde. Mobiliser sur un jour, prévu de longue date, même nous, on sait faire... "

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"Si le gouvernement ne recule pas, on continue"

Chez les syndicats qui, eux, vont descendre dans la rue, on l'affirme déjà sans détours : "ça monte très fort dans nos organisations", sur les manifs mais aussi sur les grèves . Chez Force Ouvrière, on assure qu'il y a un sentiment d'injustice , la peur d'une remise en cause de nos droits, et surtout l'idée que ce n'est pas en déréglementant le droit du travail qu'on va créer des emplois. La CGT le soutient aussi : on va vers une très forte mobilisation, car cette journée cristaliserait, au-delà de la loi Travail, tous les mécontements .

"Et après ?", s'interrogent pourtant les syndicats qui ne seront pas dans le cortège. "Après", répond-on chez ceux défileront, "si le gouvernement ne recule pas, on continue". D'autres dates de mobilisation circulent déjà.

Echauffourées et interpellations

A Paris, une dizaine de personnes a été interpellées pour des jets de projectiles jeudi matin en marge de la manifestation. Selon la préfecture de police, il s'agit d'individus gantés et cagoulés venus se mêler aux manifestants.

A Nantes, la CGT estimait le cortège à 30.000, tandis que la préfecture l'estimait à 12.000. Des lancers de projectiles ont eu lieu place Graslin. Plusieurs dizaines de jeunes, le visage caché, ont lancé cailloux, bouteilles, les forces de l'ordre répliquant avec des gaz lacrymogènes. A Rennes, peu après le début de la manifestation, le groupe d'étudiants et de lycéens qui menait le défilé est allé directement à l'affrontement contre les forces de l'ordre, bloquant l'accès à l'hyper-centre de la capitale bretonne. Seule la CGT donnait un chiffre, celui de 10.000 manifestants.

Perturbations à prévoir

Cette mobilisation doit entrainer aujourd'hui des perturbations dans les transports

  • Sur les lignes TGV : 1 train sur 2 sur l'axe Nord, 3 sur 4 sur les axes Atlantique et Sud-Est, trafic normal sur l'axe Est. Trafic quasi-normal sur les Ouigo (9 sur 10).
  • Sur les lignes TER : 1 train sur 2 en province, 1 sur 2 en Ile-de-France, 4 trains Intercités sur 10 de jour, aucun de nuit.
  • Sur les lignes internationales : aucune perturbation.
  • Dans les transports parisiens : 1 train sur 2 sur les RER A et B, 3 métros sur 4, peu de perturbations sur les bus.
  • Dans les aéroports : 20 % de vols annulés préventivement à Orly, 1 sur 3 à Marseille.
  • La tour Eiffel est fermée toute la journée de jeudi.

Forte mobilisation dans les lycées

Quelque 176 lycées sont bloqués en France , totalement ou partiellement, selon les chiffres de l'Education nationale. Une mobilisation estimée à 250 établissements par les syndicats lycéens.

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