Une étude de Bpifrance et Terra Nova dresse le portait-robot des entrepreneurs et le profil des entreprises installées dans les quartiers sensibles. Conclusions étonnantes.

Sally Bennacer, patronne de l'entreprise Art & blind
Sally Bennacer, patronne de l'entreprise Art & blind © Radio France / Delphine Evenou

"Les quartiers sont performants." Rarement associés, ces mots sont, une fois n’est pas coutume, en conclusion d’une étude menée conjointement par le Think Tank Terra Nova et le Lab de la banque d’investissement Bpifrance.

D’après cette enquête réalisée sur des données provenant de l’étude statistiques de 76 000 entreprises installées en 2016 en Quartiers prioritaires de la Politique de la ville (ex-zones urbaines sensibles et les zones franches urbaines) seraient extrêmement dynamiques économiquement. Et, contrairement aux préjugés associés à la banlieue, les jeunes créent non seulement leurs emplois mais aussi leurs entreprises donc d’autres emplois.

Le décryptage de Philippe Mutricy, directeur de l'Evaluation des études et de la Prospective chez BPI France.

Toujours dans l’étude menée par Bpifrance et Terra Nova, une autre enquête réalisée sur 450 entreprises en 2010, dresse le portrait-robot de ce chef d’entreprise. Il est jeune (53% d’entre eux ont moins de 40 ans), diplômé (47% d’entre eux sont diplômés de l’enseignement supérieur) et actif (84% d’entre eux travaillent lors de la création de leur entreprise). Autre cliché battu en brèche, ces chefs d’entreprises ne sont pas majoritairement des chômeurs qui créent leurs emplois grâce à l’auto-entreprenariat.

Le reportage de Delphine Evenou.

Plafond de verre

Les secteurs d’activités couverts sont très divers. Ces entreprises officient principalement dans les services aux entreprises. Ces sociétés ne travaillent pas uniquement dans des secteurs des services à la personne ou le commerce de détail. En Zones urbaines sensibles, on observe que le taux de PME est supérieur à la moyenne nationale (40% contre 33%) mais la taille des entreprises en ZUS n’est pas plus petite que dans le reste du territoire.

Si ces hommes et ces femmes mènent les mêmes défis économiques qu’ailleurs en France, ils subissent en revanche les effets du plafond de verre. Une fois que leur réseau local sur le quartier est exploité, ils ont du mal à étendre plus leur activité. Pour ces entreprises qui ont démarré leur vie dans les quartiers, grossir, s’agrandir à l'échelle nationale ou internationale est une difficulté qui s’avère alors souvent impossible à surmonter.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Retrouvez l'intégralité de l'étude menée par BpiFrance et Terra Nova.

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