Dans son entretien du 14-juillet, Emmanuel Macron a annoncé un dispositif exceptionnel d'exonérations des charges pour favoriser l'emploi des jeunes, qui seront les premières victimes de la crise économique de l'après Covid-19. Chaque année environ 700 000 jeunes arrivent sur le marché de l'emploi.

Emmanuel Macron à la télévision le 14 juillet 2020
Emmanuel Macron à la télévision le 14 juillet 2020 © AFP / Stefano RELLANDINI

Il a fallu attendre 40 minutes d'interview pour entendre Emmanuel  Macron sur ce qu'il présente comme la priorité de son plan de relance économique : les jeunes, "ceux à qui on a demandé les plus gros efforts pendant cette crise sanitaire : ne pas sortir, ne pas pouvoir faire la fête, ne pas pouvoir passer ses examens", a ajouté le chef de l'Etat. 

La première mesure est un dispositif d'exonérations de charges pour inciter les employeurs à embaucher un jeune, sans grande qualification avec un revenu ne dépassant pas 1,6 Smic (jusqu'à 2 400 euros mensuels brut). Emmanuel Macron a qualifié ce dispositif d'exceptionnel parce qu'il durera un à deux ans, en fonction d'une évaluation qui sera menée. 

L'Elysée a hésité entre cette mesure et une prime à l'emploi des jeunes. L'exécutif a finalement opté pour une solution qui il y a encore peu horripilait la majorité. Le 11 juin, l'Assemblée Nationale rejetait une proposition LR sur un dispositif "zéro charge" pour l'emploi des jeunes pendant deux ans. La majorité LREM évoquait à l'époque "une vieille recette", puisque inspirée d'une mesure portée par Nicolas Sarkozy après la crise financière de 2008.  En résumé, aucune charge pendant deux ans pour un patron qui embauche en CDD longue durée ou CDI un jeune de moins de 25 ans. 

Des alternants plutôt que des stagiaires

Emmanuel Macron a également fait une sortie sur les patrons qui préfèrent prendre "un(e) stagiaire et de la précarité" plutôt que d'embaucher des jeunes en contrat pro. Interrogé sur l'éventuelle nécessité d'une loi pour les y contraindre, le président a rejeté cette option car "le stage a du bon aussi"

Dans le lot des annonces, le chef de l'Etat a annoncé la création de nouveaux mécanismes. L'un vise à créer 300 000 contrats et projets d'insertion pour les jeunes les plus éloignés des parcours scolaires. 

L'autre va presque doubler le nombre de contrats pour le service civique (aujourd'hui 140 000 contrats. L'objectif est de 240 000 dans les six mois). Le service civique est indemnisé 573 euros par mois, il peut se faire auprès d'associations, de collectivités territoriales, tout ce qui relève de l'intérêt général. Il porte sur une mission allant de 6 à 12 mois. 

Dernier point dans ce volet d'annonces : l'ouverture de 200 000 places dans des formations qualifiantes supérieures. Cette voie professionnalisante s'adresse aux diplômés qui devaient débarquer sur le marché du travail à la rentrée. A ceux-là, on leur propose de prolonger leurs études d'environ six mois. 

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