Le développement du numérique en entreprise n'a pas que des bons côtés. Deux ans après l'instauration du droit à la déconnexion, une étude sur les usages numériques montre que les salariés français sont submergés d'informations, au travail mais aussi à la maison. Un sentiment encore plus fort chez les jeunes actifs.

Les outils numériques sont considérés comme un avantage en entreprise, mais ils ont aussi tendance à submerger les salariés.
Les outils numériques sont considérés comme un avantage en entreprise, mais ils ont aussi tendance à submerger les salariés. © AFP / CHANDAN KHANNA

Vous revenez de réunion et trouvez 200 nouveaux mails non lus dans votre boîte de réception. Votre téléphone vibre le soir ou tôt le matin, signe d'un nouveau message sur le groupe WhatsApp du travail ou dans une conversation de Slack. Comme un salarié sur deux, vous vous estimez peut-être surexposé et bombardé par un trop plein d'informations au travail.

C'est ce que montre ce jeudi l'étude du cabinet Eléas sur l'impact des outils numériques professionnels sur les salariés français*.

En 2018, trois salariés sur quatre (75 %), en France, utilisent des outils numériques plus de trois heures par jour et près d'un salarié sur deux (46 %) y consacre plus de six heures quotidiennes.

Une pratique qui leur permet de gagner en réactivité (62 %) et en autonomie (57 %) mais qui déborde aussi largement sur le temps personnel, le soir après le travail (47 %), le week-end (45 %) ou même pendant les congés pour 35 % des personnes interrogées.

Résultat, près d'un salarié sur deux (43 %) ressent de la fatigue face à ce flux d'informations et plus d'un salarié sur trois ressent un trop plein d'information (39 %), voire se retrouve submergé (36 %). Enfin, un salarié sur quatre (27 %) déplore manquer de temps pour traiter toutes les informations qu'il reçoit.

Les 18-29 ans particulièrement exacerbés

Les plus jeunes salariés sont particulièrement concernés, car avec le développement des professions numériques, ils sont plus nombreux à avoir une utilisation intensive des outils numériques (plus de 6h par jour). 

En conséquence, les 18-29 ans se disent souvent plus stressés (48 % contre 35 % de l'ensemble des salariés), plus submergés (44 % vs 36 %), moins concentrés (44 % vs 32 %) et plus désorientés dans la gestion de leur charge de travail (33 % vs 22 % de l'ensemble des salariés).

Parmi les plus jeunes, ils sont également 60 % à être sollicités sur leur temps personnel, presqu'autant que les cadres de tous âges.

Pas de solution miracle

Face à ces sentiments négatifs, les salariés se retrouvent souvent démunis et doivent mettre en place, par eux-mêmes, des parades pour s'aérer le cerveau, faute de solutions proposées par les entreprises, telles que s'obliger à faire de courtes pauses, déconnecter ponctuellement certains outils ou se réserver un créneau horaire pour consulter boites mails et autres canaux d'informations numériques.

Les sociétés qui ont mis en place des règles de déconnexion ne représentent que 16 % des entreprises. Elles sont à peine plus nombreuses à avoir diffusé des chartes de bonnes pratiques (23 %) pour sensibiliser leurs salariés à la déconnexion et à la gestion des outils. Résultat, quatre entreprises sur dix (41 %) n'ont mis en place aucune action.

*Enquête réalisée du 16 au 23 octobre 2018 par Opinionway auprès d’un échantillon de 1 010 salariés travaillant dans un bureau, tiré d’un échantillon représentatif des salariés français, âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas au regard des critères d’âge, de sexe, de région, de taille d’entreprise, de statut et de secteur d’activité. 

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