A l'occasion d'un déplacement à Roissy, le ministre de l’Economie a fait le service après-vente de l'interview qu'il a accordé hier à Nice-Matin. Malgré les prévisions de croissance à la baisse, et la prochaine hausse d'impôts, il reste optimiste.

Malgré la réévaluation à la baisse des prévisions de croissance pour 2014, Pierre Moscovici assure que la reprise est là :

pierre moscovici anticipe une croissance comprise entre +0,1% et -0,1% pour 2013
pierre moscovici anticipe une croissance comprise entre +0,1% et -0,1% pour 2013 © reuters

Pierre Moscovici indiquait pourtant hier que les prévisions de croissance du gouvernement - +0,1% pour 2013 et +1,2% seront actualisées pour le projet de loi de finances 2014 qui sera présenté le 25septembre.

"Nous connaissons les tendances et, cette année, la croissance sera faible voire étale, entre moins 0,1 et plus 0,1", affirmait-il.

Le gouvernement avait bâti son budget 2013 sur une prévision de croissance de 0,8%, qu'il a ramenée en avril à 0,1%, un niveau considéré comme encore trop optimiste par les économistes. Il n'a pas voulu depuis l'actualiser, opposant une fin de non-recevoir à l'opposition qui avait réclamé une loi de finances rectificative pour tenir compte de la dégradation de la conjoncture.

En évoquant une fourchette allant jusqu'à -0,1%, Pierre Moscovici se cale sur la prévision faite par l'Insee dans sa dernière note de conjoncture publiée fin juin . De leur côté, l'OCDE anticipe aussi -0,3% et le Fonds monétaire international -0,2%.

Mais tous les indicateurs s’améliorent...

"En revanche, ce qui est important, c'est que la tendance s'est inversée. Après deux trimestres de croissance négative, le dernier de 2012 et le premier de 2013, les deuxième et troisième trimestres 2013 renoueront avec une croissance positive" , ajoute Pierre Moscovici. "Tous les indicateurs s'améliorent, à commencer par la production industrielle", a-t-il ajouté. Le ministre se fonde là encore sur les prévisions de l'Insee et de la Banque de France, qui tablent sur une croissance de 0,2% pour le deuxième trimestre. Pour le troisième, la Banque de France prévoit pour l'instant +0,1% et l'Insee une stagnation du PIB.

Cependant, la plupart des économistes s'accordent, eux, à dire que si proche de zéro, d'aussi faibles écarts, en positif ou en négatif, n'ont que peu de portée: l'activité économique en 2013 devrait rester atone comme elle l'a été en 2012.

Vers une hausse des impôts

Pour autant, la stagnation de l'économie cette année complique encore davantage la préparation du budget de l'année prochaine, puisqu'elle prive l'économie de tout acquis de croissance positif.

hausse des impots
hausse des impots © Radio France

M. Moscovici a indiqué que le budget 2014, qui sera révélé dans quelques semaines, prévoirait une hausse des prélèvements obligatoires équivalant à 0,3% du produit intérieur brut. Ce dernier chiffre correspond à environ 6 milliards d'euros de recettes nouvelles à trouver, sur la base d'un PIB de 2.032 milliards d'euros pour l'année 2012.

"Nous devons réduire les déficits légués par la droite, mais le faire à un rythme qui ne contrarie pas la croissance. Nous le ferons d'abord, comme le recommande le Fonds monétaire international, par des économies sur les dépenses publiques et, ensuite, par une hausse limitée des prélèvements obligatoires ",poursuit Pierre Moscovici.

Comment comprendre la hausse des prélévements obligatoires? Quelles conséquences pour les ménages et pour l'économie française ? Les explications de Patrick Lelong :

Certains économistes ne sont pas convaincus de la bonne vertue de cette hausse des prélèvements obligatoires, donc des impôts. Ils pensent que cet ajustement budgétaire, qui arrive trop tôt, pourrait tuer dans l'oeuf une reprise déjà très fragile.

Philippe Martin, directeur du département d'économie de Sciences Po

Lundi, le FMI a estimé que la France devrait ralentir son rythme de réduction du déficit public et accélérer ses réformes structurelles , afin de soutenir une reprise économique encore "hésitante". Le FMI prévoit que la France termine l'année 2013 avec un déficit de 3,9% du PIB, contre 4,8% en 2012.

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