les transporteurs routiers mobilisés contre l'écotaxe
les transporteurs routiers mobilisés contre l'écotaxe © reuters

Vision d'horreur pour les automobilistes ce week-end : des colonnes de camion bloquant de grands axes routiers pendant plusieurs heures. Entre 2.000 et 3.000 poids-lourds ont défilé contre l'écotaxe, dont il réclame la suppression.

Des difficultés de circulation ont été signalées dans une quinzaine de régions où des opérations escargots et des rassemblements de camions ont été organisés à l'appel de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE).

On a ainsi vu des actions en Ile-de-France, à Lyon, à Seclin (Nord), à Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime) et à Dreux (Eure-et-Loire), dans le Var, dans les Bouches-du-Rhône, en Champagne-Ardennes, en Bourgogne, dans les Côtes d'Armor, dans l'Aveyron, en Haute-Garonne, en Gironde et en Charente.

Un rassemblement devait également se dérouler à Metz devant le siège de la société Ecomouv, chargée de la gestion de l'écotaxe.

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Au total, au moins 3.000 poids-lourds ont participé au mouvement de protestation, selon l'OTRE, 2.100 selon la police.

Le reportage sur la manifestation parisienne d'Alice Serrano.

"Le système écotaxe est une usine à gaz, nous demandons sa suppression pure et simple", a dit à Reuters Caroline Augé, déléguée régionale de l'OTRE, qui devait rencontrer le préfet à Bordeaux avec une délégation à la mi-journée. "Cela fait des mois qu'on demande comment il se fait qu'une entreprise privée récolte une taxe mais on ne nous a pas entendus."

Même revendication chez Gilles Mathelier-Gainlet, secrétaire général du syndicat OTRE (au micro de Sophie Auvigne), qui compte participer aux discussions avec le gouvernement.

Dans les Bouches-du-Rhône et le Var, deux barrages ont été érigés à proximité de portiques destinés à la collecte de l'écotaxe, dont les routiers réclament l'abandon.

"Ce sont les chefs d'entreprises qui manifestent avec détermination et responsabilité, il est hors de question de s'attaquer aux installations routières et aux portiques écotaxes", a indiqué le secrétaire général local de l'OTRE, Jean-Marc Montagnac.

Des emplois en péril, selon les patrons

L'OTRE réclame la suppression de l'écotaxe qui fragilise selon elle "les PME du transport routier et met en péril des milliers d'emplois locaux".

Cette écoredevance sur le transport routier, décidée par la précédente majorité dans le cadre du Grenelle de l'environnement, vise à taxer la circulation de poids lourds afin de financer les infrastructures ferroviaires et fluviales.

Cette mesure devait initialement entrer en vigueur le 1er janvier prochain mais Jean-Marc Ayrault a annoncé le 29 octobre sa suspension sous la pression des manifestants bretons.

Le Premier ministre a indiqué vendredi que le gouvernement prendrait le "temps nécessaire" pour décider des modalités de mise en oeuvre de la taxe tout en démentant que la suspension pourrait se prolonger jusqu'aux élections municipales fin mars.

Le gouvernement va attendre les conclusions de la mission d'information de l'Assemblée nationale, créée cette semaine, a-t-il ajouté, appelant les opposants à l'écotaxe à venir s'exprimer devant cette instance.

Contrairement à la manifestation de ce samedi, la fronde contre l'écotaxe avait donné lieu le week-end dernier à des heurts entre forces de l'ordre et manifestants. Selon le ministère des Transports, une dizaine de bornes et de portiques destinés au contrôle et à la collecte de l'écotaxe ont par ailleurs été détruits depuis le début de la contestation.

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