Les producteurs de lait du grand Ouest se rassemblent aujourd'hui devant l'usine Lactalis de Laval. Ils accusent le numéro un mondial des produit laitiers d'être un mauvais payeur

Les éleveurs manifesteront à partir d'aujourd'hui et se relaieront toute la semaine devant le siège de Lactalis
Les éleveurs manifesteront à partir d'aujourd'hui et se relaieront toute la semaine devant le siège de Lactalis © Maxppp / Collection Watier

Les producteurs de lait du grand Ouest sont en colère. A partir de ce lundi, ils  vont se rassembler devant l'usine Lactalis de Laval (Mayenne). Depuis le début de l'été, l'entreprise paye ses producteurs 256 euros pour 1 000 litres de lait. Les agriculteurs eux, revendiquent un prix de vente à 386 euros, pour couvrir leurs frais. François est agriculteur dans le bassin de Vitré. Chaque année, son exploitation produit 700 000 litres de lait pour Lactalis, mais aujourd'hui, il vit uniquement grâce au salaire de sa femme, 800 euros par mois  : "En fait, tous les jours je travaille pour perdre de l'argent, dénonce-t-il. Techniquement et économiquement, je fais partie des meilleurs éleveurs, et il faut quand même que je vende mon lait à 308 euros les 1 000 litres, au minimum ! Je demande à mon comptable comment je peux faire, et même lui n'a plus de réponse ! On est très fatigués". Même situation pour cet autre agriculteur, qui a préféré garder l'anonymat, de peur que Lactalis ne rompe son contrat. Cette année, il a perdu 50 000 euros : "Si la situation ne change pas dans les mois qui viennent, je ne serait pas le seul, prévient-il. Il y a des fermes qui vont mettre la clé sous la porte".

Frédéric David, le président de la section laitière du syndicat agricole FNSEA en Île-et-Vilaine, reproche à Lactalis, le leader mondial, de tirer les prix vers le bas en payant moins cher que ses concurrents  : "Quand on est numéro 1 mondial, non seulement on doit montrer l'exemple sur le prix moyen payé aux producteurs français, mais on doit aussi conduire une politique mondiale du prix du lait qui soit acceptable pour tout le monde", s'insurge-t-il.

Des dizaines de tracteurs sont donc attendus dès lundi après-midi à Laval. Ils ont prévenu, ils resteront sur place tant qu'ils n'auront pas obtenu une revalorisation du prix de leur lait. Et ils n'ont plus grand-chose à perdre ont-ils expliqué à Yann Gallic :

De son côté, Lactalis dénonce le "discours irresponsable du syndicalisme agricole". Le groupe affirme dans un communiqué que "parmi les plus grands producteurs de lait, la France est aujourd'hui celui où le prix du lait est le plus élevé".

La grande volatilité du prix du lait
La grande volatilité du prix du lait © Chadi Romanos