Après un siècle d'existence, le fabricant d'armes et de munitions Manurhin est en danger. En grande difficulté financière, ce groupe a obtenu un sursis d'activité jusqu'à cet automne avec son placement en redressement judiciaire.

Pendant un siècle, la Manurhin a fabriqué des munitions sur le sol français.
Pendant un siècle, la Manurhin a fabriqué des munitions sur le sol français. © AFP / SEBASTIEN BOZON

Selon la décision du tribunal de grande instance de Mulhouse, la société sera en redressement judiciaire avec une période d'observation jusqu'au 7 décembre pour MR équipement (sa filiale équipement) et jusqu'au 18 octobre pour sa holding MNR Group.

"La" Manurhin est l'un des groupes industriels français les plus emblématiques du pays. Principalement connu pour sa production de munitions, ce groupe qui emploie 180 salariés, est célèbre pour la fabrication des revolvers de la police, activité abandonnée.

La Manufacture de machines du Haut-Rhin, plus connue sous le nom de Manurhin, a été créée par Jules Splenger en 1919.

En 1922, l’entreprise démarre une production de munitions de petit calibre à Mulhouse. Des machines de cartoucheries se développent.

En 1928, une usine de production de munitions ouvre au Mans. Elle sera nationalisée en 1936. La même année, une nouvelle usine ouvre à Cusset, petite commune proche de Vichy.

En 1936, une usine de munitions ouvre à Cusset.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Manurhin développe son activité dans la production d'armes légères, d'équipements et d'outils pour la métrologie (la science de la mesure) et la fabrication de scooters...

L'age d'or des années 60-70

Le groupe s'associe à un groupe allemand, Diehl, pour produire des cartouches en Autriche.  

Entre 1960 et 1970, c'est l'âge d'or de la Manurhin : 20 filiales, 4 000 employés, l'entreprise ne cesse de se développer et investit dans d’autres domaines comme les systèmes de régulation électronique, fabrication d‘éléments composites. Sa production militaire est étendue aux revolvers Manurhin, fusils automatiques SIG. La Manurhin entre en Bourse et se classe au 69e rang du secteur européen de la mécanique.

En 1978, le groupe Matra entre au capital de la Manurhin en achetant 34 % de ses parts. La crise économique frappe de plein fouet le groupe de fabrication de munitions. Des filiales ferment, l'activité baisse. 

En 1983, Matra devient l'unique actionnaire et licencie avant de créer deux sociétés distinctes : celle qui produit des munitions de moyen calibre à Vichy et celle qui produit des armes et des cartouches à Mulhouse.

Dans un webdoc intitulé "La famille Manurhin" (réalisé par Cécilia Goguillon, Edwige Blanchon, Floriane Gérenthon, Floriane Gouvenaux, Melinda Pawlak et Manon Mercieron), on retrouve le témoignage de Jacques Laforêt qui fut ouvrier pendant 45 à la Manurhin.

En 2012, face aux difficultés financières rencontrées depuis 2008, de nouveaux investisseurs entrent au capital du groupe MNR en janvier 2012 : Giat Industries, Sofired et Delta Defence.

En 2016, le groupe enregistre une perte nette de 16,7 millions d'euros. Pourtant, les carnets de commandes sont pleins. Un paradoxe qui s'explique, d'après la direction du groupe, par sa difficulté à obtenir des prêts et par l'attitude de blocage de son actuel actionnaire de référence, le groupe slovaque Delta Defence détenteur de 34 % de la société.

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