Placé sous le feu des projecteurs à l’occasion de l’affaire Fillon, cet homme d’affaires est très influent dans les sphères politiques, mais aussi dans le monde culturel.

Marc Ladreit de Lacharrière : une fortune à l'ombre du pouvoir
Marc Ladreit de Lacharrière : une fortune à l'ombre du pouvoir © AFP / Patrick Kovarik

Une enquête Secrets d'Info de Benoît Collombat.

Marc Ladreit de Lacharrière est la 32ème fortune française, selon le magazine Challenges. A 76 ans, il est présent au conseil d’administration d’entreprises importantes du capitalisme français comme Renault ou L’Oréal. Son groupe Fimalac pèse plus de deux milliards et demi d’euros en Bourse. Il affiche un chiffre d’affaire de plus de 350 millions d’euros.

Promotion Robespierre

La carrière de Marc Ladreit de Lacharrière débute à l’ENA (Ecole nationale d’administration), entre 1968 et 1979, au sein de la promotion "Robespierre". C’est là qu’il côtoie plusieurs personnages qui vont le suivre tout au long de sa carrière : des hommes politiques comme Philippe Séguin, des hommes d’affaires comme Louis Schweitzer, ex-PDG de Renault, ou des banquiers comme Philippe Lagayette de la banque Barclays ou encore Etienne Pfimlin, ancien président du Crédit Mutuel. Ces derniers sont tous les deux présents, aujourd’hui, au conseil d’administration de Fimalac.

"L'homme de l’ombre" du capitalisme français

Dès sa sortie de l’ENA, Marc Ladreit de Lacharrière démissionne de la Fonction publique et s’oriente vers le privé. Il rachète avec son cousin les éditions Masson qu’il revend vingt ans plus tard.

En 1973, il intègre la banque de Suez et de l’Union des mines, rebaptisée la banque IndoSuez. C’est ici qu’il apprend vraiment le métier de financier. Il gravit tous les échelons de la banque sous la protection d’un "homme de l’ombre" du capitalisme français, Jack Francès, explique l’historien Hubert Bonin :

"Jack Francès est un homme d’affaires qui a passé sa vie à reprendre des stocks d’argent dans des filiales pour les revendre en effectuant d’importantes plus-values financières. Il a été le « grand maitre d’école » de Marc Ladreit de Lacharrière. Jack Francès l’a formé aux métiers de la banque d’affaire."

Marc Ladreit de Lacharrière ne reste pas très longtemps chez Indosuez. La banque n’a pas vraiment les moyens de le retenir, témoigne l’ancienne ministre de Valéry Giscard d’Estaing, Monique Pelletier, dont le mari, Jean-Marc Pelletier, était le patron de Marc Ladreit de Lacharrière chez IndoSuez :

Monique Pelletier, ministre de 1978 à 1981
Monique Pelletier, ministre de 1978 à 1981 © Radio France / B.Collombat

"L’Oréal lui a fait une proposition d’embauche beaucoup plus importante en termes de rémunération. De l’ordre de deux fois plus. Mon mari lui a dit d’y aller parce qu’il ne pouvait pas le garder à ce prix."

Maître de la négociation d’affaires chez L’Oréal

Chez L’Oréal, Marc Ladreit de Lacharrièredevient donc directeur financier. Il a désormais "l’oreille" de la famille Bettencourt, dont le mari, André a été ministre sous Pompidou. C’est l’occasion pour lui d’élargir encore un peu plus son carnet d’adresse, estime l’historien Hubert Bonin :

"Chez Indosuez Lacharrière a appris le réseautage, les contacts avec le monde bancaire et le patronat. Chez L’Oréal, il passe aux dynasties de la grande bourgeoisie, les grandes familles, les clubs, les associations discrètes. Il acquière un deuxième « panier » de savoir-faire. Chez L’Oréal, Marc Ladreit de lacharrière devient le maître de la négociation d’affaires."

Un jackpot financier

Tout en travaillant chez L’Oréal, Marc Ladreit de Lacharrière fait également des affaires. C’est notamment le cas après l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1981, explique l’écrivain Jean Bothorel, qui le connaît bien :

"Il a su jouer sur l’ensemble des leviers : les nationalisations, la dérégulation financière puis les privatisations. Il a réalisé des coups financiers considérables."

Parmi ces "coups financiers", il y en a un particulièrement spectaculaire. Il s’agit du rachat d’une société d’assurance : la Compagnie Victoire, propriété de la banque IndoSuez. Jack Francès ne souhaite pas que Victoire soit nationalisée. Marc Ladreit de Lacharrière est sollicité. Il investit dans une cascade de holdings qui vont prendre le contrôle de Victoire et lui éviter donc la nationalisation.

Quelques années plus tard, en 1989, Marc Ladreit de Lacharrière décroche le jackpot. La Compagnie financière de Suez, a été privatisée. Elle lance une OPA pour récupérer l’assureur Victoire. Une OPA qui lui permet d’empocher une plus-value de 3 milliards de francs, 460 millions d’euros.

Loin des projecteurs

À l’époque, Marc Ladreit de Lacharrière fuit les projecteurs. Pascal Riché a été l’un des premiers journalistes à s’intéresser de près à ses activités, au début des années 1990 :

Pascal Riché, journaliste
Pascal Riché, journaliste © Radio France / B.Collombat

"Lorsque j’étais journaliste financier à Libération, j’avais repéré une petite société avec un nom exotique qui avait subitement grimpé en flèche en Bourse. De fil en aiguille, j’ai appris qu’il y avait derrière, un certain Marc Ladreit de Lacharrière… numéro 2 de L’Oréal. Il disait qu’il investissait dans des sociétés pas trop "sexy » parce qu’ainsi les médias ne parlaient pas trop de lui !"

Un système de "poupées russes"

C’est avec cet argent amassé au fil des ans que Marc Ladreit de Lacharrière lance son propre groupe, en 1991 : Fimalac. Il le fait juste après avoir quitté L’Oréal, sans doute déçu de ne pas devenir PDG du groupe à la place du britannique Lindsay Owen-Jones.

À l’origine, Fimalac est un assemblage de sociétés dans des secteurs très différents : la chimie, l’industrie, l’immobilier, le traitement des métaux précieux ou même l’outillage. Mais des montages financiers permettent à Marc Ladreit de Lacharrière d’en tirer le meilleur prix, lors de la revente de certaines de ces sociétés, comme l’explique l’économiste Benoît Boussemart qui a épluché les comptes du groupe :

"C’est un système de poupées russes. La marque de fabrique de Marc Ladreit de Lacharrière, c’est de faire des reventes avec bénéfice avec les sociétés dont il a pris le contrôle. C’est un financier de haut vol."

Ainsi, la revente de l’institut de sondage Sofres lui rapporte une plus-value de 31 millions d’euros. La revente de la société d’outillage Facom : 81 millions d’euros.

Une holding au Luxembourg

Marc Ladreit de Lacharrière maîtrise également parfaitement les règles de l’optimisation fiscale, puisque la holding de son groupe est installée dans un paradis fiscal : au Luxembourg. C’est ce qu’explique le journaliste Nicolas Cori, qui a enquêté sur le sujet pour le site Les Jours (article abonnés) :

"La holding de tête de Marc Ladreit de Lacharrière, Fimalac Participations, se trouve au Luxembourg. C’est ainsi beaucoup plus simple pour faire de l’optimisation fiscale, c’est-à-dire de l’évasion fiscale légale. Lorsque je l’ai interrogé à ce sujet, il m’a d’abord répondu que tout le monde faisait ainsi. Puis il m’a expliqué que c’était parce que son partenaire américain Hearst lui avait demandé de faire des affaires au Luxembourg…"

La troisième agence de notation financière

Marc Ladreit de Lacharrière a également bâti sa fortune grâce aux agences de notation financière. Après avoir racheté plusieurs agences de taille moyenne (IBCA, Duff and Phelps, Thomson BankWatch), l’homme d’affaire a lancé, en 1997, la troisième agence de notation mondiale : Fitch Ratings. Désormais, il ne contrôle plus que 20 % de Fitch. Il a revendu le reste au groupe de médias américain Hearst. Mais il l’a fait en plusieurs fois, réalisant ainsi d’importants profits, comme le constate l’économiste Benoît Boussemart :

"Marc Ladreit de Lacharrière a réalisé 2, 3 milliards d’euros de plus-values sur ses différentes ventes de Fitch. Dont 1 milliard 653 millions d’euros en 2015. Par ailleurs, sa propre détention de capital est passée de 56 % à près de 80 %. Du coup, la "part du gâteau" qui lui revient est plus importante."

L’association d’entraide de la noblesse française

Cet argent s’accompagne d’un autre capital : un capital relationnel. Marc Ladreit de Lacharrière est membre d’une liste impressionnante de clubs où se retrouve une certaine élite politique, économique et culturelle : le Siècle, le groupe de Bildeberg, le Polo de Bagatelle, le Maxim’s Business Club ou le Jockey Club.

Il est également membre de l’association d’entraide de la noblesse française, explique la sociologue Monique Pinçon-Charlot :

Monique Pinçon-Charlot, sociologue
Monique Pinçon-Charlot, sociologue © Radio France / B.Collombat

"Faire partie de cette association, c’est le nec plus ultra. Ce sont exclusivement des nobles qui se cooptent avec l'objectif de s’entraider. Il s’agit d’une classe sociale qui est mobilisée pour la défense de ses intérêts. Cela passe par cette sociabilité mondaine."

Un empire culturel

Aujourd’hui, Marc Ladreit de Lacharrière investit principalement dans le domaine culturel et le divertissement. Avec deux pôles : le numérique et les spectacles vivants.

Côté numérique, l’homme d’affaire a racheté le groupe Webedia, qui pèse très lourd dans le chiffre d’affaire de Fimalac. Il possède par exemple "Allociné", "Jeuxvidéo.com" ou le site culinaire "750 grammes". Ces sites permettent d’attirer les annonceurs publicitaires, estime la spécialiste de la presse en ligne Danielle Attias :

Danielle Attias, spécialiste de la presse en ligne
Danielle Attias, spécialiste de la presse en ligne © Radio France / B.Collombat

"C’est un modèle bâti sur la publicité. Il a réussi à en faire une activité rentable. C’est une manière de faire de la publicité avec de la production de contenu. C’est une des raisons pour lesquelles Webedia a racheté Mixicom, qui possède des chaînes Youtube de stars comme Norman et Cyprien. Ça lui permet de s’adresser à des cibles plus jeunes."

De Johnny Hallyday à Grand Corps Malade

Marc Ladreit de Lacharrière a également des participations dans des sociétés de production qui s’occupent d’artistes à succès, comme Johnny Hallyday, Patrick Bruel, Laurent Gerra ou Grand Corps Malade, dont Marc Ladreit de Lacharrière a produit le dernier film.

L’homme d’affaire possède aussi des salles de spectacle. Il contrôle notamment le circuit des Zénith, ainsi que des salles de théâtre parisiennes prestigieuses, comme l’explique le journaliste Michaël Moreau, co-auteur du livre "Main basse sur la culture" (Editions La Découverte) :

Michaël Moreau, journaliste
Michaël Moreau, journaliste © Radio France / B.Collombat

"Il a racheté les théâtres Marigny, Comedia et la Madeleine. Il a récupéré également la concession de la salle Pleyel, ce qui est énorme en termes d’image. Ce nouveau business culturel lui permet d’être proche d’artistes, mais aussi d’étendre ses réseaux avec le monde politique."

Il est également actionnaire du groupe Lucien Barrière, qui exploite des hôtels, des casinos et investit dans les spectacles et les jeux en ligne.

La Victoire de Samothrace restaurée

Cela ne s’arrête pas là. Marc Ladreit de Lacharrière est également un mécène très actif : mécène du musée du Louvre à Paris, du Louvre Abu Dhabi, ou du musée du quai Branly, le musée Jacques Chirac dont l’homme d’affaires est proche. Une plaque avec le nom de "Fimalac" figure d’ailleurs au musée du Louvre. La sculpture grecque la Victoire de Samothrace fait notamment partie des œuvres d’art restaurées grâce au "mécène" Marc Ladreit de Lacharrière.

Il faut préciser que depuis la loi Aillagon de 2003, le mécénat d’entreprise donne droit à un abattement fiscal de 60 % sur l’impôt sur les sociétés (avec un plafond de 0, 5 % du chiffre d’affaire).

Marc Ladreit de Lacharrière fait également partie du Comité artistique des Musées nationaux. Ce qui est loin d’être anecdotique, estime la sociologue Monique Pinçon-Charlot :

"Ce sont les membres de ce comité qui choisissent les tableaux et les sculptures que vont par exemple acheter le Louvre ou le Musée d’Orsay. Ils sont au cœur des grandes décisions dans le domaine de l’art. On y trouve également Michel David-Weill, associé gérant de la banque Lazard ou Maryvonne Pinault, l’épouse de François Pinault."

Proche de l’Académie française

Cette "légitimation culturelle" de Marc Ladreit de Lacharrière passe aussi par l’appartenance à différents cercles comme l’Académie des Beaux-Arts, ou par l’acquisition de revues prestigieuses, comme la Revue des deux mondes.

Cette Revue a embauché Pénélope Fillon, épouse de François Fillon, comme "conseillère littéraire" de mai 2012 à décembre 2013, pour un salaire de 5000€ brut par mois, soit un total de 100 000€. La justice enquête actuellement sur cette embauche.

Marc Ladreit de la Charrière discute avec le Premier ministre François Fillon en 2010
Marc Ladreit de la Charrière discute avec le Premier ministre François Fillon en 2010 © AFP / Jacques Demarthon

La Revue des deux mondes a permis à Marc Ladreit de Lacharrière d’accroître encore un peu plus son influence, témoigne son ancien directeur, Jean Bothorel :

"Cette Revue l’a fait sortir de son univers financier. Cela lui a donné une image d’hommes intéressé par la culture, la politique étrangère ou la littérature. La Revue publie beaucoup d’écrivains, elle est proche de l’Académie française. C’est important pour lui."

Les dîners de la Revue des deux mondes

Autre outil d’influence : les dîners de la Revue des deux mondes. Il s’agit de dîners mensuels qui se déroulent dans un grand hôtel parisien, le Georges V, avec des invités triés sur le volet. Ils payent leur couvert pour écouter un grand patron ou un responsable politique.

François Fillon est un habitué de ces dîners. Dans son discours de janvier 2011, le Premier ministre s’en prend à ceux qui critiquent le rôle joué par les agences de notation financière :

"Nous ne pouvons pas ignorer les avertissements que nous envoient les marchés et les agences de notation. Je m’étonne toujours lorsque j’entends déplorer que les Etats se laissent aujourd’hui dicter leur politique par les agences de notation. Ceux qui disent cela confondent peut-être la souveraineté avec l’inconséquence. Emprunter tant et plus, sans se soucier de sa capacité à rembourser me semble, au contraire, un chemin qui mène tout droit à la servitude politique. La souveraineté passe aujourd’hui par la maitrise de nos comptes".

Un discours qui va droit au cœur de Marc Ladreit de Lacharrière, actionnaire de l’agence de notation Fitch ratings. Dans son livre publié en 2012, "Le droit de noter" (Editions Grasset), l’homme d’affaire se fait, lui aussi, l’avocat des agences de notation. Dans le même ouvrage, il rend un hommage appuyé à François Fillon :

"En septembre 2007, François Fillon choisit de s’adresser aux médias pour tirer la sonnette d’alarme. Il affirma qu’il se trouvait « à la tête d’un Etat en faillite » et qu’une politique de rigueur devrait être probablement mise en œuvre. Nicolas Sarkozy, rouge de colère, lui passa un savon légendaire et lui assena qu’il ne comprenait rien à la situation. C’était pourtant François Fillon qui avait raison. Il avait eu le courage de faire fi de la langue de bois et de dire la vérité."

Par ailleurs, selon nos informations, l’un des enfants de l’ancien Premier ministre, Edouard Fillon, a fait un stage de trois mois, en 2012, au sein de l’agence de notation Fitch.

Des réseaux au Parti socialiste

Marc Ladreit de Lacharrière « soigne » également ses réseaux au sein du Parti socialiste. Il est proche de Laurent Fabius, avec qui il a racheté (avec d’autres) la maison de ventes aux enchères Piasa à l’homme d’affaires François Pinault, en 2008. L’homme d’affaire a également aidé la Fondation "Agir contre l’exclusion" de Martine Aubry.

Marc Ladreit de Lacharrière s’est rapproché de François Hollande après son élection à l’Elysée, grâce au directeur du théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes. Car Marc Ladreit de Lacharrière est aussi un mécène pour les jeunes les plus défavorisés, à travers sa Fondation Culture et diversité, dirigée par sa fille, Eléonore. Cette Fondation soutient 15 000 jeunes dans 150 établissements d’éducation prioritaires, en collaboration avec Jean-Michel Ribes :

Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point
Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point © Radio France / B.Collombat

Marc Ladreit de Lacharrière a souhaité que nous fassions des ateliers théâtre dans des zones ou les élèves sont en difficultés scolaires. Le résultat est spectaculaire. À la fin de l’année, nous faisons une grande représentation au théâtre du Rond-Point avec tous les élèves. Marc suit tout ça de près. C’est un homme de terrain.

Jamel Debbouze à l’Elysée

Mais derrière ce mécénat, la politique n’est jamais très loin. C’est ainsi qu’en 2014 Marc Ladreit de Lacharrièrefait venir François Hollande à Trappes pour assister à des matchs d’improvisation organisés par le comédien Jamel Debbouze, soutenu par l’homme d’affaire.

En 2013, le même Jamel Debbouze se retrouve à l’Elysée, lors de la remise d’un prix créé par Marc Ladreit de Lacharrière (le prix de l’audace créatrice et culturelle), parrainé par les ministères de l’éducation et de la culture.

Marc Ladreit de la Charrière et Jamel Debouzze lors de la remise du prix de l’audace créatrice et culturelle en 2013 à l'Elysée
Marc Ladreit de la Charrière et Jamel Debouzze lors de la remise du prix de l’audace créatrice et culturelle en 2013 à l'Elysée © Maxppp / François Guillot

Une longue liste de prix

Marc Ladreit de Lacharrière est un spécialiste de la création de prix divers et variés. En 1996, il a créé le prix de l’Audace créatrice, qui récompense un chef d’entreprise. Ce prix est remis chaque année à l’Elysée… sauf sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy où (à l’exception de 2007), il a été remis à Matignon, par François Fillon.

Il a également crée le prix de la photographie. Ou encore les prix du livre d’économie et du livre politique, parrainés par son association "Lire la société" qu’il co-préside avec son ami Louis Schweitzer. Une manière de peser sur le "petit monde" politico-médiatique, analyse Benjamin Lagues du site Acrimed, qui a consacré plusieurs articles à ces prix :

Benjamin Lagues du site Acrimed
Benjamin Lagues du site Acrimed © Radio France / B.Collombat

"C’est une bonne introduction auprès de personnes dont il faut avoir l’oreille au bon moment. En sponsorisant ce genre de prix, il bénéficie de l’influence de ces milieux politiques, économiques et médiatiques, qui s’auto-consacrent, et de promouvoir plus largement ses idées libérales, comme seule pensée "autorisée"."

Le dernier lauréat du prix du livre économique est le journaliste François Lenglet. Quant au lauréat du livre politique, il s’agit du sondeur Brice Teinturier (par ailleurs, membre du jury de ce prix !).

C’est justement Brice Teinturier qui sera l’invité d’honneur (avec le politologue Olivier Duhamel), le 19 avril prochain, du prochain dîner de la Revue des deux mondes, juste avant le premier tour de l’élection présidentielle. Le monde est vraiment petit…

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