Le courrier, la banque, la téléphonie mobile et bientôt… l’assurance. Le groupe La Poste va pouvoir se développer dans ce secteur. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a confirmé ce jeudi 30 août un rapprochement entre la Banque Postale et CNP Assurances, tout en promettant que le groupe resterait bien public.

La Banque Postale - illustration
La Banque Postale - illustration © Maxppp / Julio PELAEZ

Comment compenser le recul du courrier pour La Poste ? Le gouvernement pense avoir trouvé la solution. Bercy annonce ainsi un rapprochement du groupe public avec CNP Assurances."Nous voulons créer un grand pôle financier public au service des territoires", a déclaré ce jeudi 30 août le ministre de l'Économie expliquant vouloir "permettre à la Poste de développer son activité dans la Banque et dans l'assurance".

Ce rapprochement a été décidé essentiellement afin de permettre à La Poste de trouver de nouvelles sources de revenus, son activité courrier accusant une baisse de l'ordre de 7% par an, lui faisant perdre 560 millions d'euros de chiffre d'affaires chaque année. "Les trois activités de la Poste, c'est la logistique, le courrier et la banque et l'assurance. Nous allons lui permettre de développer massivement avec la CNP ce troisième volet d'activité pour compenser la baisse du courrier", a argumenté Bruno Le Maire.

La Caisse des dépôts en passe de devenir majoritaire dans La Poste

En pratique, l'opération va passer par le concours de la Caisse des dépôts et consignations, bras financier de l'État, qui détient 26% du capital de La Poste depuis 2011 et environ 40% des parts de CNP Assurances, premier assureur de personnes en France. "C'est la Caisse des dépôts qui désormais aura la majorité dans La Poste. "Après cette opération", qui sera dans la loi de la croissance et transformation des entreprises (loi Pacte) présentée la semaine prochaine, "la Caisse des dépôts aura plus de 50% de La Poste", a détaillé le ministre de l’économie.

"La Poste restera public"

Bruno Le Maire a toutefois martelé que "La Poste (resterait) un établissement public, il n'y aura aucune privatisation, aucune intention de privatisation, aucune arrière-pensée sauf une seule, que la Poste reste un grand service public, rentable, dynamique au service des territoires", a-t-il insisté. Le projet, s'il obtient tous les feux verts au Parlement puis à l'Autorité des marchés financiers, verra le jour fin 2019. Concrètement, les conseillers financiers associeront davantage services bancaires et contrats d'assurance. Ce qui signifie, pour La Poste, de nouvelles évolutions en perspective...

De leur côté, les syndicats ne s'y montrent pas forcément hostiles mais ils demandent à être consultés. Comme le confie Valérie Mannevy, pour la CGT : " Certes ce n'est absolument pas une privatisation mais c'est quand même un jeu de Monopoly, où d'actionnaire majoritaire, l'État devient actionnaire minoritaire au profit de la Caisse des dépôts et consignations. On peut laisser présager que dans les années à venir les choses peuvent évoluer" s'inquiète cette syndicaliste qui ne se dit pas "contre les nouveaux services" mais estime que ce dont a besoin le groupe public "c'est d'un vrai débat autour de ces question de l'avenir de La Poste et des postiers, en lien avec les usagers".

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