Le banquier d'affaires a annoncé ce jeudi le rachat du festival Rock en Seine. Une acquisition qui vient s'ajouter à un portefeuille d'investissements musicaux bien rempli.

Matthieu Pigasse, ici au festival des Eurockéennes dont il est le président
Matthieu Pigasse, ici au festival des Eurockéennes dont il est le président © AFP / Sébastien Bozon

"Ces investissements sont des coups de cœur, je ne rachèterais pas Rire et Chansons ou Radio Nostalgie", assure Matthieu Pigasse. Le banquier de la banque d'affaires Lazard, vient d'ajouter un nouvel événement musical à son escarcelle : le festival Rock en Seine, l'un des plus fréquentés de France chaque année.

Le créateur François Missonnier reste directeur du festival

Le rachat de Rock en Seine, qui accueille chaque année plus de 100.000 participants, donne naissance à une nouvelle branche de la holding personnelle de Matthieu Pigasse ("Les nouvelles éditions indépendantes", alias LNEI), nommée "LNEI Live". Et c'est François Missonnier, directeur de Rock en Seine, qui en prend la direction - restant par la même occasion directeur du festival qu'il a créé en 2003 :

"Avec François Missionnier et Rock en Seine, nous partageons les mêmes valeurs sociales (...) nous utilisons l'éducation et la culture pour changer le monde".

De son côté, celui qui a fondé Rock en Seine il y a quinze ans aux côtés de Christophe Davy et Salomon Hazot, explique que cette acquisition va permettre au festival de continuer à se développer : "Notre projet se porte très bien mais nous sommes parvenus aux limites de ce que nous pouvons réaliser seuls", a expliqué François Missonnier. "En s'intégrant dans LNEI, Rock en Seine bénéficiera de moyens renforcés", ajoute-t-il.

Un mastodonte de la production de festivals

Connu pour ses nombreux investissements dans les médias (il co-détient Le Monde et l'Obs et vient de racheter le groupe de télé AB), Matthieu Pigasse est également en train de devenir un poids lourd de la production rock en France. En tant que propriétaire du magazine Les Inrocks et de Radio Nova, il possède les festivals respectifs de ces médias, le Inrocks Festival d'une part et les Nuits Zébrées d'autre part. Sans compter qu'à titre personnel, il est président des Eurockéennes de Belfort (104.000 visiteurs).

Le modèle de LNEI Live fait figure d'exception dans le paysage français des festivals, où beaucoup d'événements sont organisés par des associations ou des sociétés d'économie mixte. L'autre mastodonte du secteur, c'est l'américain LiveNation, qui produit le festival MainSquare à Arras et vient d'exporter le festival américain Loolapalooza en France. Vient ensuite la société Morgane Productions qui gère les Francofolies de la Rochelle.

Et ce n'est pas tout : LNEI vient de lancer son propre label musical "Homerun", qui visera essentiellement les artistes émergents. Et à la rentrée, il déclinera le concept de Radio Nova sur une chaîne de télévision, Nova TV, lancée sur un canal du groupe AB. Et ça ne s'arrêtera pas là : "Il existe plein de festivals en Europe de l'est et du nord", précise Matthieu Pigasse, qui envisage d'ores et déjà de nouvelles aquisitions.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.