Selon une étude du cabinet Proxinvest, les dirigeants des sociétés du CAC 40 ont gagné en moyenne 5,77 millions d'euros en 2018. Sur le podium : Bernard Charlès (Dassault Systèmes), François-Henri Pinault (Kering) et l'ancien numéro 1 de Renault-Nissan, Carlos Ghosn.

La rémunération des dirigeants du CAC 40 a augmenté de 12% en 2018, d'après Proxinvest.
La rémunération des dirigeants du CAC 40 a augmenté de 12% en 2018, d'après Proxinvest. © Getty / erhui1979

La rémunération moyenne des premiers dirigeants des sociétés du CAC 40 a augmenté de 12% en 2018. En moyenne, chacun de ces dirigeants a gagné 177 fois plus qu'un employé au SMIC, soit 5,77 millions d'euros, selon une étude publiée ce mercredi par Proxinvest, société de conseil aux investisseurs. Autrement dit, un patron du CAC 40 gagne en moyenne 90 fois plus que l'un de ses salariés. 

L'indice phare de la bourse de Paris a beau afficher des résultats moroses, cela n'a pas empêché les rémunérations de ses dirigeants de croître l'an dernier, atteignant un niveau inédit depuis la crise de 2008. "L'évolution est beaucoup trop marquée", souligne Jehanne Leroy, responsable de l'étude chez Proxinvest. 

"Sur la même période, la rémunération moyenne des dirigeants a augmenté trois fois plus vite que celle de l'un de leurs salariés. Il y a des dérapages que les administrateurs et les actionnaires vont devoir contrôler de façon plus ferme !"

33 millions d'euros pour le patron de Dassault Systèmes

Déjà numéro 1 l'an passé, le directeur général de Dassault Systèmes, Bernard Charlès  a vu sa rémunération augmenter d'un tiers par rapport à 2017, pour arriver à 33 millions d'euros grâce à une généreuse attribution d'actions gratuites. Il devance ainsi le patron du groupe de luxe Kering, François-Henri Pinault (17 millions d'euros) et Carlos Ghosn, ex-numéro 1 de l'alliance Renault-Nissan, démis de ses fonction après son arrestation au Japon.

"La particularité pour Carlos Ghosn, note Jehanne Leroy, c'est que début de 2018, il est devenu président du conseil de Nissan et avait le pouvoir de décider seul de sa rémunération. Il s'est augmenté d'environ 150%. Donc sa rémunération chez Nissan, qui est fixe, et non indexée sur les performances de la société est passée de 5 millions d'euros à 13,3 millions d'euros en 2018."

Les émoluments de l'ensemble des numéros un des 120 plus grosses sociétés cotées se sont en revanche tassées, note Proxinvest. 

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