Invitée exceptionnelle de On n'arrête pas l'éco, l'émission d'Alexandra Bensaid le samedi à 9h10, la co-présidente de la Fondation Bill & Melinda Gates note que les "inégalités se creusent au niveau mondial", un "phénomène" qu'elle se propose "d'enrayer" notamment grâce à un "impôt plus progressif pour les riches".

Pour Melinda Gates, co-présidente de la fondation Bill & Melinda Gates, la philanthropie a un réel impact dans le monde
Pour Melinda Gates, co-présidente de la fondation Bill & Melinda Gates, la philanthropie a un réel impact dans le monde © AFP / Eric Piermont

Pour Melinda Gates, invitée exceptionnelle de On n'arrête pas l'éco sur France Inter samedi, "les gilets jaunes expriment un sentiment général qui monte à travers le monde, en France mais aussi en Afrique ou dans les métropoles d’Asie du Sud-Est. Les inégalités se creusent au niveau mondial, nous devons enrayer ce phénomène."

"Il revient à chaque pays de définir sa politique fiscale", prévient-elle. "Mais, de manière générale, Bill et moi sommes en faveur d’un impôt plus progressif pour les riches. Et nous pensons que les très riches devraient reverser directement une partie de leur argent à la société. S’ils mobilisent toute leur intelligence, leur cœur et leur ingéniosité vers ce but, ils auront un formidable retour sur investissement et ils pourront changer le monde."

Melinda Gates est la co-présidente de la Fondation Bill & Melinda Gates, la plus grande fondation caritative du monde, financée en majeure partie grâce aux revenus du couple. En 2018, le magazine Forbes a classé Bill Gates comme le deuxième homme le plus riche du monde avec une fortune de 90,2 milliards de dollars.

"La philanthropie a un réel impact dans le monde"

À ce propos, elle juge que "la philanthropie a un réel impact dans le monde. Elle ne pourra jamais se substituer à l’action publique mais elle œuvre aux côtés des gouvernements, en inventant de nouvelles façons de travailler, en innovant, en conduisant des recherches et en montrant ce qui peut marcher."

En France, l'une des revendications principales des "gilets jaunes" est bien celle de la contribution des plus fortunés. Le retour de l'ISF est l'une de leurs revendications principales, une demande portée d'ailleurs par toute la gauche depuis la transformation de l'ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI) le 1er janvier 2018.

Cette promesse de campagne d'Emmanuel Macron a entraîné un recentrage sur les seuls biens immobiliers de l'impôt sur la fortune, appliqué aux foyers dont le patrimoine dépasse 1,3 million d'euros. Une mesure censée stimuler l'activité en encourageant les contribuables les plus aisés à investir dans les entreprises françaises et dont le gouvernement demande qu'on en juge les résultats "dans 18 à 24 mois", le temps que "la mesure fasse son plein effet", selon Benjamin Griveaux.

La question des impôts des plus riches est un sujet également aux États-Unis. Le milliardaire Warren Buffett, l'un des hommes les plus riches de la planète, avait frappé l'opinion publique en critiquant le fait que son taux d'imposition était inférieur à celui de sa secrétaire. Pourtant Donald Trump a réformé les impôts début 2018, réduit l’impôt sur les sociétés de 35 à 21%, et baissé tout le barème de l’impôt sur le revenu.

La députée démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, fraîchement élue à la Chambre des représentants, a proposé de taxer à 70% les plus riches, obtenant le soutien du Prix Nobel d'Economie Paul Krugman.

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