Les salariés de la SNCF s'inquiètent de la suppression probable de la moitié des effectifs de cheminots dans le transport de marchandise par chemins de fer, en dépit des volumes.

La moitié des effectifs de cheminots qui travaillent dans le transport de marchandises pourraient être supprimés
La moitié des effectifs de cheminots qui travaillent dans le transport de marchandises pourraient être supprimés © AFP / JEFF PACHOUD

Est-ce la fin du fret ferroviaire français ? Le Comité d'établissement de Fret SNCF (CE Fret) alerte sur la possible suppression de la moitié des cheminots du transport de marchandises par voie ferroviaire en France, des bruits de couloir qui représentent une menace pour 3 000 emplois, dès l'an prochain.

Ce mercredi, le CE Fret souhaite mettre les dirigeants de la SNCF devant leurs contradictions lors d'une assemblée plénière qui se tient à Paris : aujourd'hui, affirme le CE, "6 000 cheminots sont en activité, contre 16 000 en 2009", alors que la France transporte deux fois plus de marchandises "entre 1985 et 2015".

Craignant une possible _"filialisation, voire de privatisation" de la moitié restante des effectifs,le CE Fret veut interpeller sur les avantages du transport ferroviaire face au réseau routier "engorgé" et à "la pollution importante_" que cela induit : "le transport de marchandises était effectué pour 2/3 par le rail jusqu’à la fin des années 1980."

De son côté, la SNCF a démenti en début de semaine toute coupe. Un démenti insuffisant pour Olivier Petit, secrétaire du CE Fret, qui assure qu'à chaque coupe dans les effectifs, c'est le même schéma, avec des rumeurs et des bruits de couloir avant les annonces officielles.

Le fret ferroviaire en déclin ? Pas forcément

En 2014, la France se situait à la 20e place des pays membres de l'Union européenne en volume de fret par chemins de fer, selon Eurostat, avec 10,7 % de fret ferroviaire, contre 18,4 % en moyenne. A titre de comparaison, en Allemagne le fret ferroviaire représente 18,8 % du volume total de marchandises transportées.

En 2015, Transport et logistique de France relevait une baisse de 1,8 % de l'activité de fret, tous modes de transport confondus mais constatait dans le même temps une hausse de 5,1 % de l'activité ferroviaire, notamment pour l'acheminement de produits manufacturés (+11 %) et de produits agricoles (+1,7 %).

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