Une accélération de la production de vaccins via une mobilisation de tous les acteurs, c’est ce que prône le commissaire européen Thierry Breton qui estime que la vaccination à l’échelle de la planète ne pourra se faire qu'avec une mobilisation collective.

L'usine Pfizer-BioNTech de Puurs (Belgique) est la plus grosse usine de fabrication et de conditionnement d’Europe.
L'usine Pfizer-BioNTech de Puurs (Belgique) est la plus grosse usine de fabrication et de conditionnement d’Europe. © Radio France / Angélique Bouin

Mobiliser tous les acteurs, pour accélérer la production de vaccins. Voilà ce que prône le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, pour qui la vaccination, à l’échelle de la planète, ne se pourra se faire que sur la base de cet effort collectif. Lundi, le groupe français Sanofi annonçait d'ailleurs qu'il allait mettre une partie de ses capacités industrielles à disposition de ses concurrents Johnson & Johnson et Pfizer-BioNTech pour produire son vaccin. 

Dans le même temps, lundi, Thierry Breton, qui vient d’être nommé "Monsieur Vaccin" par la Commission européenne, visitait la plus grosse usine de fabrication et de conditionnement d’Europe et dont les flacons qui en sortent s’arrachent : celle du groupe Pfizer installée à Puurs, en Belgique. Usine ultra-sécurisée, d'ordinaire inaccessible à la presse. Thierry Breton, qui fait le tour des usines de vaccins, pour identifier tout ce qui pourrait permettre d’en accroitre les capacités de production.  

Doubler la production annuelle

Dans cette usine belge, on surnomme "boîtes à pizza" ces cartons qui regroupent, bien rangées, les précieuses fioles de vaccin. Avec leurs mains gantées, pour éviter le puissant froid, les 3 000 salariés du site s’y relaient pour produire, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, 50 millions de doses de vaccin à ARN messager par mois. Des doses qui voyagent dans des cartons équipés de puces GPS, "pour surveiller la température et suivre le trajet des cartons jusqu’à leur destination finale", explique le directeur du site, Luc Van Steenwinkel. 

Impressionné par sa visite de l’usine, le commissaire européen salue l’exploit scientifique : "Il faut entre cinq et dix ans pour fabriquer un vaccin, on l’a fait ici en moins de dix mois ! Maintenant, le problème, c’est de les fabriquer en masse", remarque-t-il. 

Cette usine veut fabriquer plus d'un milliard de doses par an à compter de juin, contre 600 millions aujourd’hui. En clair, doubler le rythme de production et passer de 50 millions par mois à 100 millions

Éviter les pénuries de matières premières

Pour atteindre cet objectif, il faut donc anticiper pour éviter d’éventuelles ruptures d’approvisionnement de composants, estime Thierry Breton :

"On est dans des chaînes de production de plus en plus globalisées. Aucun pays au monde n’a l’ensemble des substances et l’ensemble de la chaîne. Il va y avoir des tensions sur ces composants et il faut donc se mettre ensemble, se partager ces matières premières de façon à ce qu’il n’y ait jamais d’interruption de production." 

Il faut par exemple suffisamment de lipides pour encapsuler l’ARN messager. Or, on en produit trop peu sur le sol européen. Tout comme ces sacs géants à usage unique qui tapissent le fond des cuves de fabrication des vaccins et évitent leur nettoyage, faisant ainsi gagner du temps précieux lors de la production. Seule une poignée d’industriels en fabriquent. Anticiper, mobiliser de nouveaux producteurs, créer des synergies, c’est une économie de guerre qu’il faut collectivement organiser, estime le commissaire Breton.