La FNSEA a annoncé ce dimanche la disparition brutale de son président, à l'âge de 58 ans. Pour ses adversaires, il était le symbole d'une agriculture toujours plus industrialisée.

Xavier Beulin en octobre 2016
Xavier Beulin en octobre 2016 © Maxppp / Pascal Brocard

C'est son syndicat, la FNSEA, puis le groupe agro-industriel qu'il dirigeait, Avril, qui ont annoncé successivement la mort de cette figure symbolique du syndicalisme agricole.

Dans son communiqué, la FNSEA salue un leader qui "a donné au syndicalisme et aux filières agricoles des lettres de noblesse et un élan incomparables". De son côté, Avril (qui regroupe notamment les marques Lesieur, Puget et Matines) évoque "son énergie, son charisme et sa vision qui ont permis l'émergence d'un champion français". "Il a œuvré sans relâche au développement de l'agriculture française, toujours dans l'intérêt général".

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve dit quant à lui son "intense émotion" et salue "un agriculteur engagé, un ardent défenseur de l'agriculture et des paysans, un interlocuteur exigeant mais toujours à la recherche des solutions d'avenir".

Émotion également chez les anciens ministres de l'Agriculture, comme Bruno Le Maire et chez l'actuel, Stéphane Le Foll. Xavier Beulin était parfois présenté comme le "ministre occulte de l'Agriculture" en raison de sa large influence ou, a minima, de l'oreille attentive dont il bénéficiait dans les gouvernements successifs.

Syndicaliste à multiples casquettes

Xavier Beulin était un farouche partisan d'une industrialisation de l'agriculture. Une nécessité selon lui, mais un modèle contesté par une partie des agriculteurs et des autres syndicats du domaine. Même sa base l'avait parfois chahuté, et ses adversaires dénonçaient un leader syndical à (trop) multiples casquettes, notamment le fait qu'il dirige l'un des plus grands groupes agroalimentaires du pays.

Un apparent paradoxe assumé par Xavier Beulin, qui avait parfois dû se justifier, notamment en marge de conflits sociaux importants comme en 2015, lors de la crise de l'élevage, où il avait été hué en marge d'une des grandes manifestations du mouvement. Il avait d'ailleurs écrit deux courriers pour se justifier sur sa propre situation. Céréalier dans un syndicat jusqu'ici toujours dirigé par des éleveurs (les difficultés des deux filières sont incomparables), il avait souvent eu du mal à renouer avec cette base qu'il a pourtant représentée à de multiples reprises auprès des pouvoirs publics. Il avait récemment pris position contre le traité CETA entre l'Union européenne et le Canada.

Xavier Beulin avait annoncé en janvier dernier sa volonté de briguer un troisième mandat lors du congrès de la FNSEA prévu à Brest du 28 au 30 mars.

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