l'économie française est au début d'une reprise, dit moscovici
l'économie française est au début d'une reprise, dit moscovici © reuters

Après avoir tout fait pour l'imposer, la France, par la voix de Pierre Moscovici, critique maintenant la taxe "tobin" sur les transactions financières proposée par la Commission européenne. Le ministre des Finances la juge d'un niveau excessif et contreproductif.

Onze pays de l’Union européenne, dont la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, mais pas le Royaume-Uni, veulent mettre en place une telle taxe Tobin, dans le cadre d’une coopération renforcée. La Commission a présenté en février un projet qui prévoit d’imposer à 0,1% les actions et les obligations et à 0,01% les produits dérivés, ce qui pourrait selon elle rapporter jusqu’à 35 milliards d’euros par an.

Mais Pierre Moscovici, devant un parterre d'acteurs de la finance, a estimé que cette taxe risquait d'aboutir à l'effet inverse de ce qui est recherché.

La taxe sur les transactions financières suscite des inquiétudes quant à l’avenir industriel de la place de Paris et quant au financement de l’économie française

Lors de ce forum financier organisé par Paris Europlace, le ministre a continué de fustiger cette innovation pourtant soutenue, à l'origine par la France :

Pour parvenir à cette taxe, il faut être pragmatique et réaliste et je veux dire ici que la proposition de la Commission m'apparaît excessive et risque d'aboutir au résultat inverse. Le travail que je veux mener, c'est un travail d'amélioration de la proposition de la Commission pour mettre en oeuvre une taxe qui ne nuise pas au financement de l'économie

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Vers un assouplissement

Le commissaire européen chargé de la politique fiscale, Algirdas Semeta, a récemment déclaré que l'Europe pourrait réduire la portée de cette future taxe, confirmant publiquement qu'un assouplissement du projet initial était à l'étude.

Cette taxe, censée faire contribuer les banques au coût de l'assainissement du secteur après la crise financière de 2007-2009, est également appelée "taxe Tobin", du nom de l'économiste américain, James Tobin, qui en a eu l'idée il y a plus de 40 ans.

Les déclarations d'Algirdas Semeta pourrait permettre de remettre sur les rails un projet qui a suscité des divisions au sein même des 11 pays qui en ont adopté le principe - France, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Portugal, Belgique, Estonie, Grèce, Slovaquie, Slovénie.

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