Le trucage des moteurs diesel aurait résulté d'un "enchaînement d'erreurs qui n'a à aucun moment été brisé"
Le trucage des moteurs diesel aurait résulté d'un "enchaînement d'erreurs qui n'a à aucun moment été brisé" © MaxPPP

La direction de Volkswagen a livré quelques éclaircissements jeudi sur la genèse du scandale des moteurs truqués, aussi lointaine que 2005, et s'est employée à rassurer sur l'avenir du groupe, sans dissiper toutes les zones d'ombre.

Conviée par le groupe pour une séance de questions-réponses avec la direction du groupe automobile, la presse, pour la première fois depuis l’éclatement de l’affaire en septembre, se voyait offrir un début d’éclaircissement sur la genèse du scandale des moteurs truqués.

Le groupe est dans une situation "pas dramatique, mais tendue"

Ainsi, selon Hans Dieter Pötsch, le président du conseil de surveillance, le trucage de 11 millions de moteurs diesel au moyen d'un logiciel fraudeur ne résulterait pas d'une erreur "isolée" mais d'un "enchaînement d'erreurs qui n'a à aucun moment été brisé". Le nouveau patron du groupe, Matthias Müller, y a déclaré que le mastodonte automobile aux douze marques était dans une situation "pas dramatique, mais tendue" et a réitéré ses promesses de faire toute la lumière sur l'affaire d'une part, et de réorganiser le groupe en profondeur de l'autre.

Selon le constructeur automobile, il serait vite apparu que les impératifs de coût et de performance d'un nouveau moteur diesel étaient difficilement compatibles avec les plafonds d'émission de gaz toxiques aux Etats-Unis, d'où l'idée du logiciel qui faussait les résultats des tests d'émission. Sur la route, les voitures émettent beaucoup plus d'oxydes d'azote qu'en laboratoire, et qu'autorisé.

Les résultats définitifs de l’enquête connus en avril 2016

Selon les premiers résultats des enquêtes en cours, (les résultats détaillés seront vraisemblablement connus en avril 2016 devant les actionnaires) trois facteurs auraient joué, explique le président du conseil de surveillance : "des erreurs et manquements individuels de certains salariés", "des faiblesses dans certains processus", et "une attitude de la part de certains qui consistait à tolérer les infractions à la loi". En précisant au passage qu’à l'heure actuelle, le groupe ne disposait d’"aucun indice d'une implication de membres du directoire ou du conseil de surveillance" dans ce scandale.

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