C'est une mesure qui revient régulièrement chez certains candidats déclarés à la présidentielle 2022 : renationaliser les autoroutes françaises, en les rachetant aux compagnies d'autoroutes actuelles. Une mesure qui peut rapporter gros... Mais pas tout de suite.

Les autoroutes françaises, un filon dont certains regrettent la privatisation
Les autoroutes françaises, un filon dont certains regrettent la privatisation © Maxppp / IP3 PRESS

Marine Le Pen en a fait l'une de ses mesures (avec, à l'inverse, la privatisation de l'audiovisuel public), tout comme Arnaud Montebourg ou Fabien Roussel : nationaliser à nouveau les autoroutes, cédées au secteur privé en 2005 sous le gouvernement Villepin. Une privatisation régulièrement dénoncée depuis, notamment parce que les autoroutes rapportent gros à ceux qui les possèdent aujourd'hui : un rapport du Sénat en 2020 estimait à 40 milliards d'euros les dividendes versés par Vinci et Eiffage, notamment, après l'année 2022.

Mais à l'inverse, combien coûterait un retour dans le giron de l'État ? L'idée de nationaliser les autoroutes implique d'abord d'interrompre ces contrats de concession avant leur échéance, à savoir 2030 au plus tôt (2036 pour l'essentiel du réseau routier). Certaines concessions courent même jusqu'en 2070 !

Un prix élevé, et de lourds investissements ensuite

Cela implique donc le calcul d'une indemnité de compensation, et surtout de valoriser l'ensemble des investissements et des travaux d'aménagement réalisés, pour plus de 20 milliards d'euros, par les sociétés d'autoroute ces 15 dernières années.

Le calcul devient alors vertigineux. L'État devrait aujourd'hui débourser pas moins de 40 à 50 milliards pour récupérer 9.000 km de réseau routier. C'est trois fois plus que les quelque 15 milliards d'euros encaissés à l'époque.

Remettre la main sur l'ensemble du réseau autoroutier implique également d'en supporter la charge. Une nationalisation permettrait certes de faire baisser les tarifs, mais impliquerait dans le même temps de lourdes dépenses d'investissement dans les années qui viennent pour les finances publiques.