reprise des négociations dans l'automobile
reprise des négociations dans l'automobile © reuters

PARIS (Reuters) - Les négociations sociales chez Renault et PSA Peugeot Citroën reprennent ce mardi dans un contexte de plus en plus tendu avec l'accélération du calendrier chez les deux constructeurs.

Le groupe au losange, qui espère conclure un accord sur la compétitivité de ses usines françaises au début du mois, retrouvera dès la matinée les représentants syndicaux à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) pour une nouvelle séance de discussions.

Renault s'est engagé à maintenir tous ses sites de production dans l'Hexagone et à leur allouer des volumes supplémentaires en échange d'un gel des salaires, d'un allongement du temps de travail et d'un élargissement du système de mobilités.

La CGT a d'ores et déjà prévenu que le projet proposé était inacceptable.

"Je ne vois pas bien comment une organisation syndicale pourrait signer un accord qui va se traduire à la fois socialement par des dégâts importants (...) et puis qui va encore amplifier les problèmes d'inefficacité de l'entreprise: quand on est de moins en moins, on ne peut pas éternellement faire un travail de qualité du premier coup", a déclaré Fabien Gache, représentant du deuxième syndicat de Renault, au cours d'une conférence de presse

Il a ajouté qu'à ses yeux, les volumes supplémentaires promis par la direction correspondent en fait à des programmes déjà connus, notamment le futur Trafic destiné à l'usine de Sandouville (Seine-Maritime).

A la CFE-CGC, premier syndicat du groupe, on est davantage confiant qu'un accord puisse être trouvé.

"Le compte n'y est pas pour le moment, mais les positions peuvent encore évoluer, les négociations sont faites pour cela", a déclaré de son côté au téléphone Dominique Chauvin, représentant du syndicat. Il demande notamment des précisions sur les nouvelles productions et leurs affectations, sur les réductions d'effectifs dans l'ingénierie ainsi qu'un rééquilibrage entre Flins (Yvelines) et la Turquie pour la Clio.

DÉBRAYAGES ET RASSEMBLEMENTS

Pour être adopté, l'accord devra être signé par au moins deux syndicats de Renault représentant 30% des voix ou plus. Idéalement pour la direction, l'adoption du plan par trois organisations syndicales en faciliterait l'application.

Dans cette dernière ligne droite des négociations, la journée devrait être à nouveau marquée par des rassemblements et des débrayages sur différents sites du groupe Renault. A l'appel de la CGT et de Sud, des ingénieurs du centre d'essai de Lardy (Essonne) doivent notamment se rendre sur le site de fabrication de moteurs de Cléon (Seine-Maritime), mardi matin.

Interrogé sur les propos du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, qui a estimé la semaine dernière que les efforts demandés aux salariés de Renault étaient "modérés", Fabien Gache a répondu: "Je ne pense pas qu'il ait beaucoup travaillé dans une usine, qu'il sache (...) trop ce que c'est que des cadences sur une chaîne de montage."

"Je pense que c'est un problème, cette espèce d'éloignement toujours constant et de plus en plus important entre la réalité de ce que vivent les gens (...) et puis ce que certains en disent", a-t-il ajouté.

Chez le concurrent PSA Peugeot Citroën, les négociations sur le plan social reprendront également mardi matin au siège, avenue de la Grande-Armée à Paris. La question du départ anticipé, à titre temporaire, de salariés de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pour le site voisin de Poissy (Yvelines), sera notamment abordée.

Plusieurs syndicats se sont résolus à accepter le déblocage de ces départs pour tenter de calmer le jeu à Aulnay, où la situation reste très tendue entre grévistes et non-grévistes. L'usine, vouée à la fermeture en 2014, est de nouveau à l'arrêt depuis vendredi après-midi. La production de la Citroën C3 avait repris la semaine dernière, mais au compte-gouttes, après dix jours d'interruption.

La CGT organise mardi après-midi un rassemblement sur le parking de l'usine en présence cette fois de plusieurs responsables politiques de gauche, notamment Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, ou encore Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière.

Gilles Guillaume, édité par Wilfrid Exbrayat

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