[scald=58367:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La France révisera sa prévision de croissance à 1% au lieu de 1,75% pour 2012 et prendra dans les 10 jours des mesures pour réaliser entre six et huit milliards d'économies supplémentaires, a déclaré jeudi Nicolas Sarkozy.

Le président français, qui intervenait à la télévision pour expliquer la crise qui secoue la zone euro et ses conséquences, s'est montré à la fois ferme sur la nécessité de réduire les déficits publics et rassurant quant aux conséquences de la crise sur la contribuable.

"Nous prendrons les décisions d'ici une dizaine de jours, c'est entre six et huit milliards d'économies à trouver", a dit le président français, sans détailler les mesures envisagées par le gouvernement pour les réaliser.

La révision de la prévision de croissance pour l'an prochain était attendue, de même que de nouvelles mesures d'austérité, dans la foulée de l'avertissement lancé sur la note française par l'agence de notation Moody's.

"Nous avions prévu pour l'année prochaine (...) 1,75%. Chacun sait bien qu'avec la crise, il y a peu de chance qu'on les fasse (...) Nous avons décidé de revoir notre prévision et de la ramener, comme nos amis allemands, à 1% pour l'année prochaine", a dit Nicolas Sarkozy, qui était interrogé par les journalistes Jean-Pierre Pernaut (TF1) et Yves Calvi (France Télévisions).

"Naturellement, si on revoit notre prévision, il faut adapter le budget à cette nouvelle réalité", a-t-il ajouté.

"Le problème, ce ne sont pas les agences de notation, c'est que nous dépensons trop", a-t-il dit.

Lors d'une émission de près de 75 minutes sur TF1 et France 2, le président a exclu une augmentation généralisée de la TVA. Il a en revanche estimé qu'il faudrait un jour envisager de faire participer les importations au financement de la protection sociale. Il a également dit vouloir privilégier les mesures qui renforcent la compétitivité du pays.

UNE "CATASTROPHE" ÉVITÉE

Le chef de l'Etat, qui ne s'était pas livré à ce genre d'exercice télévisuel depuis huit mois, s'exprimait quelques heures après un accord sur la Grèce arraché lors d'un sommet européen.

Au bout du suspense, et après plus de dix heures de sommet, les dirigeants de la zone euro sont parvenus dans la nuit de mercredi à jeudi à arracher un accord sur la restructuration de la dette grecque, l'accroissement des capacités du fonds de soutien à l'euro et la recapitalisation des banques.

"Si l'euro explosait, c'est toute l'Europe qui explosait", a commenté Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée

"Pour dire la vérité s'il y avait pas eu d'accord hier soir, ce n'est pas simplement l'Europe qui sombrait dans la catastrophe, c'est le monde entier, avec l'inimaginable que représentait la possibilité de faillite d'un Etat, la Grèce, de près de dix millions d'habitants", a-t-il dit.

A la fois sobre et ferme, le président, vêtu d'un costume et d'une cravate sombres, s'est voulu rassurant pour les épargnants comme pour les contribuables alors que s'amorce la campagne pour l'élection présidentielle de 2012 en France.

"Je dis aux épargnants français, vous pouvez avoir confiance en la solidité de vos banques", a-t-il dit.

"Il n'y a aucune raison de mobiliser le contribuable pour réparer les erreurs des marchés", a-t-il ajouté.

Les banques françaises doivent se recapitaliser sur leurs fonds propres, a encore dit Nicolas Sarkozy, qui a déclaré n'être pas favorable à une séparation entre les banques de dépôt et les banques d'investissement.

Clairement déjà en campagne, Nicolas Sarkozy s'est posé comme le capitaine résolu d'un vaisseau pendant la tempête mais fera cependant durer le suspense avant de se lancer dans la course à la présidentielle.

"Le débat sur la question de ma candidature sera tranché fin janvier, début février", a-t-il dit.

Patrick Vignal, édité par Elizabeth Pineau

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