À l'AG des actionnaires ce mardi chez Accor, on va discuter notamment du renouvellement du mandat de plusieurs dirigeants du groupe. Parmi eux, Nicolas Sarkozy, administrateur depuis deux ans.

Nicolas Sarkozy lors de l'assemblée générale du groupe Accord, dont il est l'un des administrateurs, le 20 avril 2018
Nicolas Sarkozy lors de l'assemblée générale du groupe Accord, dont il est l'un des administrateurs, le 20 avril 2018 © AFP / ERIC PIERMONT / AFP

Ceux qui ont pu croiser sa route dans les couloirs le saluent avec les égards hérités de son ancienne fonction... "Monsieur le président" comme l'appelle une représentante des salariés, a surtout gagné une légitimité comptable auprès des actionnaires, bien conscients de la valeur qu'il peut leur apporter.

Pour Didier Cornardeau de l’APPAC qui défend les petits porteurs et détient lui même des actions Accor, c'est simple : "On aime ou pas Nicolas Sarkozy, peu importe. On sait qu'il a été président. On sait qu'il a une image à l'international. Le groupe Accor est un groupe hôtelier international ça ne peut être qu'un plus."

Un carnet d’adresse comme le sien, ça se paie...

L'an dernier, l'ancien chef de l'Etat devenu conférencier a touché 80 000 euros pour une petite trentaine de réunions. Un montant que relativise le cabinet Spencer Stuart spécialisé dans le recrutement pour les conseils administrations. En 2017, les entreprises du CAC 40 ont distribué à leurs administrateurs un peu moins de 88 000 euros en moyenne.
"Clairement la fourchette basse" pour un expert des questions de gouvernance. Ces montants atteignent les 300 000 euros aux États-Unis, les 285 000 en Suisse. 

Cette année, la rémunération de Nicolas Sarkozy pourrait augmenter

Deux raisons pour cette possible augmentation : le groupe Accor a décidé de grossir un peu l'enveloppe dévolue à l'ensemble de ses administrateurs (+15 % par rapport à l'an dernier) ; mais surtout, l'ancien chef de l'État a signé pour un poste similaire au début du mois chez Barrière. 

Là encore, Didier Cornardeau préfère y voir  une opportunité pour l'investisseur qu'il est, plutôt qu'un enrichissement de l'ex-président. "On peut se dire que plus tard, il y aura peut-être un rapprochement entre Barrière et le groupe Accor. Pourquoi pas ?" L'homme lance une pièce en l'air et parie que ça pourrait même se faire très vite, d'ici la fin de l'année. 

Bien avant cela, on scrutera le nombre de votes que Nicolas Sarkozy récoltera ce mardi. Il y a deux ans, les actionnaires l'avaient plébiscité avec 97 % des voix.

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