C’était une promesse du candidat Macron : accroître les contrôles auprès des chômeurs. L’OFCE, critique, préconise plutôt de revoir le mode de calcul des indemnités.

Faut-il obliger les chômeurs à retourner au travail?
Faut-il obliger les chômeurs à retourner au travail? © AFP / GODONG / BSIP

Emmanuel Macron promet une "assurance-chômage universelle", ouverte aux démissionnaires de leur poste, aux indépendants ou aux entrepreneurs. La contrepartie : les prestations versées au demandeur d'emploi seront strictement conditionnées à ses efforts de recherche, avec un contrôle drastique.

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) tient à temporiser, pour plusieurs raisons.

Le salaire doit être supérieur aux allocations chômage

L’offre raisonnable d’emploi (ORE), instituée en 2008, prévoit déjà la radiation en cas de deux refus. Elle permet toutefois au demandeur d’emploi d’exiger un salaire toujours supérieur à celui qui confèrent les allocations chômage. Or, une personne qui alterne contrats à durée déterminée et périodes de chômage voit sa base de calcul et ses indemnités augmenter. Elle est donc dans son droit en refusant certains contrats. "Obliger le chômeur à faire le contraire de ce à quoi les règles d’indemnisation l’incitent serait incohérent", souligne l’OFCE, en ajoutant que le dispositif est aujourd’hui "inapplicable" car trop rigide.

Des chômeurs sur-contrôlés pourraient quitter le dispositif

Le centre de recherche insiste également sur le fait qu’un demandeur d’emploi pourrait – acculé par les contrôles et les sanctions – décider de changer de comportement, mais "dans un sens inopportun". Il pourrait ainsi se tourner vers des méthodes de recherche informelles, ce qui l’éloignerait un peu plus du marché de l’emploi et serait improductif, notamment s’il perd des ressources.

Les Français sont motivés pour travailler

Dans une très large majorité, les chômeurs français inscrits à Pole emplois respectent les règles à la lettre. Les études réalises en France prouvent que "l’aléa moral" des chômeurs indemnisés est plus faible que dans la plupart des pays comparables. Autrement dit : les Français ne sont pas réticents à la reprise du travail. Pour preuve, rappelle l’OFCE, huit contrats de travail sur dix signés chaque mois sont de très courte durée (moins de 1 mois), et ils sont pourvus en immense majorité par des chômeurs.

Revoir le calcul de l'allocation pour une meilleure équité

L'OFCE propose donc que la proportion de l'allocation chômage par rapport à l'ancien salaire perçu soit identique pour tous. Aujourd'hui, ce taux varie d'une personne à l'autre, la réglementation prévoyant qu'il soit d'au moins 57% et d'au plus 75%. L’auteur de l’étude précise toutefois que cette réforme doit avoir pour seul but "d'améliorer la gestion de l'assurance chômage", et non pas de "construire une machine à réduire à tout prix les dépenses d'indemnisation". Dans son programme, Emmanuel Macron estimait pouvoir réaliser un milliard d'euros d'économies en renforçant les contrôles sur l'assurance chômage.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.