La société Gemalto à Gemenos
La société Gemalto à Gemenos © MaxPPP/La Provence/Cyril Sollier

Gemalto enquête sur les informations d'un site de journalisme d'investigation, selon lesquelles les services de renseignement américain et britannique auraient réussi à pirater un nombre important de cartes SIM du fabricant français, afin d'espionner des conversations téléphoniques

Le site internet The Intercept, qui cite des documents fournis par Edward Snowden, explique que le GCHQ (Government Communications Headquarters) britannique et la NSA (National Security Agency) américaine auraient reussi à pénétrer à l'intérieur du réseau informatique du fabricant français et à voler les clefs de cryptage des cartes SIM. Cette manoeuvre, effectuée conjointement par les deux agences, leur aurais permis de surveiller des communications dans le monde entier, à l'insu des opérateurs télécoms et des gouvernements des pays concernés.

Encore plus fort : selon Intercept, entrer en possession de ces clés de cryptage "permet également aux agences de renseignement de déchiffrer des communications cryptées qu'elles avaient déjà interceptées mais n'étaient pas en mesure de lire".

A la Bourse de Paris, l'action Gemalto a très fortement chuté

Le fabricant français indique dans un communiqué qu'il mettra tout en oeuvre pour "investiguer et comprendre l'étendue de ces techniques sophistiquées".

Gemalto produit chaque année deux milliards de cartes (SIM, bancaires et sécurité). Les seules cartes SIM représentent environ un tiers de son chiffre d'affaires et sa part de marché mondial est estimée à environ 50%. L'un de ses spécialités - ça parait ironique maintenant - ce sont les solutions d'authentification qui visent à éviter la prévention de perte de données sensibles pour répondre aux exigences de sécurité gouvernementale et à la demande croissante de signature numérique.

Le leader du secteur, compte parmi ses clients plus de 450 grands opérateurs et acteurs du secteur télécoms dont Verizon, AT&T et Vodafone. Gemalto conçoit des cartes SIM, des cartes bancaires et des passeports biométriques et compte 12.000 salariés.

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