Le rapport rendu par les trois médiateurs estime qu'aucune des deux solutions (nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou réaménagement de l'actuel à Nantes) n'est totalement positive ou négative, estimant qu'elles sont "raisonnablement envisageables". Retour sur les principaux points analysés par les experts.

Drapeau anti-aéroport sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes
Drapeau anti-aéroport sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes © Maxppp / Olivier Lanrivain

Sur le bruit : avantage NDDL

Le rapport explique que les nuisances sonores seraient "significatives" en cas de réaménagement de l'aéroport Nantes-Atlantique, pour l'ensemble des riverains du site. C'est le principal handicap du projet, selon les experts pour qui les nuisances sonores seraient moins gênantes une fois déplacées à 30 km de la ville : elles seraient significatives pour environ 200 personnes, contre "environ 3.500 à 6.000 riverains" dans le cas du réaménagement.

Sur l'émission de gaz à effet de serre : égalité

L'écart entre les deux solutions dans ce domaine est "peu significatif", selon le rapport.

Sur l'environnement au sol : avantage Nantes-Atlantique

Le transfert à Notre-Dame-des-Landes risque pour les experts d'accentuer la pression foncière près du lac de Grand-Lieu, une réserve naturelle classée. Elle est déjà concernée actuellement par le survol des avions, mais le nouvel aéroport aurait des conséquences bien plus graves sur la faune et la flore locales.

Sur les retombées économiques : égalité

Le rapport évoque un impact "équivalent" des deux options sur les activités économiques et l'emploi, puisque l'offre aérienne serait à terme similaire. Chaque projet a toutefois un handicap dans ce domaine : le déménagement à Notre-Dame-des-Landes favoriserait les entreprises du nord de la Loire, quand le maintien à Nantes-Atlantique permettrait un meilleur accès pour les entreprises de la "manufacturing valley" bien plus proche, et notamment le géant Airbus.

Sur la durée des travaux : avantage Nantes-Atlantique

Le réaménagement de l'aéroport actuel implique la fermeture de l'aéroport pour "environ neuf semaines de travaux". Le transfert à Notre-Dame-des-Landes implique non seulement des aménagements transitoires à Nantes-Atlantique, mais aussi une mise en service d'ici 2023 au plus tôt (voire 2025).

Sur le coût du projet : égalité, avec une inconnue

L'option Nantes-Atlantique devrait en principe coûter 250 à 350 millions d'euros de moins que la construction du nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, avec une inconnue de taille : le montant d'une éventuelle indemnisation du concessionnaire, filiale de Vinci, si les travaux étaient abandonnés.

Les médiateurs estiment que le réaménagement de Nantes-Atlantique coûterait entre 365 et 460 millions d'euros, un montant nettement inférieur au chiffre donné par la Direction générale de l'aviation civile en 2013, mais supérieur à celui avancé par les opposants au déménagement à Notre-Dame-des-Landes. Ce dernier est évalué à 730 millions d'euros.

Et sur tout le reste ?

L'affrontement local entre pro et anti-aéroport, quelle que soit la solution retenue, laissera des séquelles. Les experts annoncent des difficultés "pour assurer le succès de l'opération, susciter l'adhésion la plus large possible et offrir des perspectives constructives aux acteurs du territoire". Surtout, l'évacuation de la "Zone à Défendre" est de toute façon au programme, même en cas d'abandon du projet.

Du point de vue des procédures, en plus de cette évacuation, l'État devra proroger la déclaration d'utilité publique en cas de transfert à Notre-Dame-des-Landes (elle expire le 8 février 2018). En cas de maintien à Nantes-Atlantique, les formalités seront bien plus nombreuses : modification de documents d'urbanisme, nouvelles concertations, nouvelle DUP, étude d'impact globale portant sur l'ensemble des travaux d'aménagement, et enfin nouveau contrat de concession. Les experts estiment que cela prendra entre deux et trois ans.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.