le chômage en france
le chômage en france © reuters

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A a bondi de 1,9% au mois de septembre, soit 60 000 chômeurs en plus. Ils sont 3 295 700 à n'avoir pas travaillé du tout le mois dernier.

En tenant compte des personnes ayant exercé une activité réduite (catégorie B et C), il progresse de 1,1% (+54.200) à 4.843.400 (5.141.000 avec les départements d'Outre-mer).

Cette hausse, la plus importante depuis avril 2009, au plus fort de la crise, fait suite à une baisse tout aussi nette (-50.000 demandeurs d'emploi de catégorie A) au mois d'août qui tenait en grande partie à un dysfonctionnement dans la procédure d'actualisation du nombre de demandeurs d'emploi.

Le président François Hollande a jugé que le chômage effectuait une "évidente décélération en France".

L'inversion de la courbe du chômage, nous n'y sommes pas encore; ce sera sur les mois de novembre et décembre, c'est-à- dire (que c'est) sur les chiffres que nous aurons en décembre et janvier que nous aurons à faire ce bilan

Le "bug" mis en cause

forte hausse du chômage en septembre
forte hausse du chômage en septembre © reuters

Un retour de balancier qui s'explique en bonne partie selon Bercy par le contre coup du bug informatique du mois d'août. En septembre, un certain nombre de chômeurs se sont réinscrits à Pôle emploi. Ils ont donc réintégré les statistiques. Si l'on prend les chiffres du chômage sur deux mois, cela fait 10 000 chomeurs en plus, soit 5 000 par mois. Bercy reconnaît que le contre effet du bug se double d'une hausse supplémentaire du chômage mais la hausse ralentit par rapport aux premiers mois de l'année, grâce notamment aux contrats aidés. Chez les moins de 25 ans, le chômage se stabilise voire baisse très légèrement même si ce n'est toujours pas l'inversion de la tendance tant attendue par Bercy d'autant que les plus de 25 ans, et les seniors s'installent dans le chômage de longue durée. Signe que le marché de l'emploi n'a pas vraiment redémarré, la croissance n'est pas vraiment repartie.

En plus de cet impact, le ministère du Travail souligne la forte volatilité des chiffres du chômage d'un mois sur l'autre, sans précédent dans un passé récent, sur laquelle "on n'a pas d'explication conjoncturelle". "La hausse des chiffres de septembre ne signifie pas une rupture radicale de la tendance, qui est toujours au ralentissement de la hausse du chômage", assure-t-on.

Dans un communiqué, il estime que, dans ces conditions, la "seule analyse sérieuse consiste à regarder les évolutions sur deux mois". Ainsi, la hausse des demandeurs d'emplois n'est plus en moyenne que de 5 000 par mois depuis juillet, contre environ 30.000 au premier trimestre et 18.000 au deuxième trimestre.

"Plus que jamais, l'objectif reste d'inverser la courbe du chômage à la fin de l'année et de façon durable", dit-il.

Jean-Paul Pollin est professeur d'université d'Orléans et membre du cercle des économistes. Son constat est plus réaliste que celui du gouvernement.

Ce n'est pas encore la stabilisation et encore moins l'inversion de la courbe du chômage.

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