Les autorités britanniques ont approuvé mercredi soir le projet de construction de deux EPR de la centrale nucléaire d'Hinkley Point, en posant de nouvelles conditions.

Le premier EPR de Hinkley Point devrait être en fonction à l'horizon 2025 - maquette de la centrale une fois les travaux achevés
Le premier EPR de Hinkley Point devrait être en fonction à l'horizon 2025 - maquette de la centrale une fois les travaux achevés © AFP / HayesDavidson / EDF ENGERY

Le gouvernement britannique a finalement informé mercredi soir le gouvernement français de son approbation du projet de centrale nucléaire d'Hinkley Point. Ce projet, dont l'investissement se chiffre à 21,2 milliards d'euros, portés aux deux tiers par EDF, est d'une importance capitale pour le groupe énergétique français. Sa faisabilité a pourtant suscité de nombreuses controverses, ce qui avait poussé Londres à retarder sa signature, qu'elle valide désormais avec de nouvelles conditions.

►►► ALLER PLUS LOIN | Londres retarde sa signature pour vérifier la copie d’EDF

Un projet économiquement crucial pour EDF...

Le développement de nouveaux réacteurs par le français EDF et son partenaire chinois CGN relance la construction nucléaire en Europe à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima. Une décision dont s'est félicité Christophe Sirugue, secrétaire d'État à l'Industrie, tant sur le plan industriel que pour le maintien de l'emploi sur le territoire français.

Il a également jugé que l'accord britannique crédibilisait la filière nucléaire française en pleine refonte - au moment où EDF est confrontée à des problèmes de délais et de coûts pour la construction d'une centrale EPR à Flamanville (nord-ouest de la France).

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Au Royaume-Uni, il s'agira de la première construction d'une centrale nucléaire depuis plus de vingt ans. Hinkley Point C doit fournir 7% des besoins britanniques en électricité, pour un tarif jugé trop élevé par les détracteurs du projet : Londres a en effet garanti à EDF un prix au-dessus du marché pour l'électricité produite sur place.

La situation financière d'EDF préoccupe

La stabilité financière d'EDF est pourtant remise en cause. Fortement endetté, le groupe a vu son directeur financier partir avec fracas en mars, jugeant, à l'instar des syndicats, ce chantier irréalisable à court terme en raison des risques financiers et industriels.

En prévision d'un éventuel retrait d'EDF, Londres exige des garanties lui assurant qu'Hinkley Point ne changera pas de main sans l'accord du gouvernement.

La participation de la Chine, sujet de discorde

La présence des Chinois fait également froncer des sourcils, pour des questions de sécurité industrielle.

L'accord politique conclu au moment de la visite au Royaume-Uni du président chinois Xi Jinping, en octobre 2015, prévoit que EDF pourrait construire une autre centrale de deux réacteurs EPR à Sizewell, dans le Suffolk (est de l'Angleterre), avec à ses côtés le même partenaire chinois.

Cet accord prévoyait aussi que les Chinois pourraient bâtir un réacteur avec leur propre technologie à Bradwell, dans l'Essex (côte est), un projet souhaité ardemment par Pékin pour servir de vitrine dans les pays occidentaux. Mais Londres souligne désormais que le gouvernement va créer un "nouveau cadre légal pour les investissements à venir dans les infrastructures stratégiques du Royaume-Uni".

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