Manifestation des éleveurs à Saint-Brieuc le 2 juillet 2015
Manifestation des éleveurs à Saint-Brieuc le 2 juillet 2015 © MaxPPP / David Ademas

Étranglés par la baisse des prix de leur production, à un niveau particulièrement bas, et lassés d'attendre les effets concrets de l'accord signé avec le gouvernement, les agriculteurs ont manifesté jeudi soir un peu partout dans l'ouest de la France.

Une manifestation pour dire, pour crier leur ras-le-bol face à une situation économique de plus en plus critique selon eux. "La situation est explosive" , résume Loïc Guines, président de la FDSEA d'Ille-et-Vilaine, où "près de la moitié des éleveurs de lait sont dans le rouge". Le prix du lait payé au producteur aurait baissé de 13 % en un peu plus d'un an : 300 euros les 1 000 litres... Les revenus des producteurs de viande bovine, eux, ont chuté à 12 000 euros par an .

L'accord conclu avec le ministère il y a 15 jours pour faire remontrer les prix de la viande et du lait ? Toujours pas appliqué, affirment les représentants des agriculteurs.

"Faut que les élus tremblent, qu'ils aient peur"

Alors la nuit dernière, ce n'est pas du lait mais bien du fumier, de la paille, des pneus qu'ont apportés des milliers éleveurs devant les préfectures et les enseignes de la grande distribution.

À Quimper par exemple, deux voitures de police ont été incendiées par 300 manifestants furieux. Écoutez le reportage sur place d'Annaïg Haute de France Bleu Breizh Izel :

Au milieu des agriculteurs en colère, des syndicats qui les incitent à la montrer pleinement. À la tribune, Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère, met notamment en cause le représentant de l'État, qu'il accuse d'être "aux côtés de la grande distribution".

On en a marre de faire réunion sur réunion. Que des promesses !

À Quimper, les 300 manifestants ont dégradé un supermarché et une entreprise de transformation de lait, arraché des panneaux, bloqué la circulation... Avant de faire fuir les policiers devant l'usine Entremont. Des actions pleinement justifié, pour les éleveurs qui dénoncent une situation intolérable.

Y'a des gens qui sont en train de crever la gueule ouverte. Il est temps d'arrêter. Là c'est gentil encore...Le jour où les gars vont sortir les fusils, y'en a un qui va rester sur le carreau.

Même scénario dans des dizaines d'autres communes et vllles de l'Ouest. La "nuit de l'élevage en détresse" a fait des émules à Rennes, Saint-Lô, en Loire-Atlantique, dans les Landes ou en Dordogne.

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