Pour les entreprises qui s'apprêtent à faire revenir progressivement, à partir du 11 mai, une partie de leurs salariés dans les bureaux, de nombreuses questions se posent sur l'aménagement des locaux. Les fabricants de panneaux de séparation et autres cloisons sont déjà fortement sollicités.

Le coronavirus va-t-il signer la fin de l'open space et du flex-office ?
Le coronavirus va-t-il signer la fin de l'open space et du flex-office ? © Getty / Helen King

Le plexiglas, nouvel horizon des travailleurs installés dans des open-spaces et autres bureaux partagés ? Depuis qu'il s'est mis à proposer à ses clients - commerces, administrations, entreprises - des panneaux de séparation en plexiglas, Charlie Wagemans, fabricant de mobilier sur mesure installé dans l'Ain, est en tout cas totalement submergé. "Je travaille 17 heures par jour, sept jours sur sept, en lien avec les fournisseurs qui épuisent peu à peu leurs stocks. C'est très très sportif", assure ce professionnel, contacté en plein rush. 

"Les entreprises nous demandent d'installer ces cloisons entre deux bureaux qui se font face. On a aussi eu des demandes de cabinets médicaux par exemple. Cela n'arrête pas. Mais on ne veut pas installer n'importe quel matériau, n'importe comment. On risque d'être bientôt à cours de marchandise", craint Charlie Wagemans.

Cloisonner et fractionner les grands open-spaces

Car la course aux mini-cloisons ou "cloisonnettes" en plastique, lavables, est bel et bien lancée constate Corinne Le Moal. Cette architecte d'intérieur spécialisée dans les espaces de travail explique être sollicitée depuis plusieurs jours par des employeurs "qui préparent la reprise".  

Objectif : adapter les petits bureaux partagés comme les grands plateaux ouverts. "Il faut cloisonner", continue-t-elle. Première demande : remplacer les petites cloisons insonorisantes en tissu, non lavables, par des parois en plexi, que l'on peut désinfecter, mais aussi repenser l'agencement des open-spaces : "Nous allons devoir créer de plus petits open-spaces, espacer les postes de travail, réfléchir à une nouvelle circulation."

Autant de réponses aux contraintes sanitaires du moment... et à des attentes antérieures au coronavirus selon Eliel Arnold à la tête d'un autre cabinet de conseil en aménagement de bureaux : "C'est le retour de la limite et de toutes sortes de séparations : cloisons ou cloisonnettes. Avant la crise, beaucoup de salariés ne voulaient déjà plus être entassés dans des open-spaces. Aujourd'hui, avec le virus, c'est en train de devenir inacceptable ! C'est peut-être positif pour les usagers de ces espaces."

La fin du flex-office ?

Quant aux bureaux nomades, non attitrés ("flex-office"), il se pourrait bien qu'ils ne survivent pas à la crise. "Le flex-office n'avait déjà pas la cote avant. Il est peu probable qu'il se développe", estime cet architecte d'intérieur. "Le fait de ne pas avoir son propre bureau peut s'avérer être un facteur de propagation du virus."

À moins que l'essor du télétravail ne lui redonne justement une nouvelle raison d'être, dans un second temps. Certains DRH en font en tout cas l'hypothèse. Avec même à plus long terme une diminution possible des besoins en mètres carrés de bureaux. Un sujet qui fait débat, et qu'il est encore beaucoup trop tôt pour trancher. 

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