Entreprise du groupe Haulotte
Entreprise du groupe Haulotte © PHOTOPQR/LE PROGRES/Remy Perrin / PHOTOPQR/LE PROGRES/Remy Perrin

Le ministre du Travail, François Rebsamen, réunit aujourd'hui les 50 principales branches professionnelles pour faire le point sur les contreparties au Pacte de responsabilité. Pour l'instant, une seule branche a signé un accord : la chimie (contrairement à ce qu'on peut lire, la métallurgie n'a encore rien signé). Les engagements sont-ils à la hauteur ?

Une petite moitié des branches seulement, se serait vraiment mises à discuter, d'après les syndicats. Le Medef assure pour sa part que l'essentiel des branches est déjà au travail. "Le patronat doit faire sa part du boulot" a déclaré sur Inter dimanche le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger. D'après lui, 24 branches n'ont, à ce jour, pas même entamé la discussion . Rappelons quand même que le pacte octroie 40 milliards d'aides publiques aux entreprises d'ici 2017 en échange de quoi, l'État attend du patronat des engagements sur l'emploi et l'investissement.

Régis Dos Santos est numéro 1 du syndicat des banques de la CFE-CGC. La banque figure parmi les branches citées par le Medef comme ayant entamé les discussions. Pour lui, c'est un mensonge. Sa branche n'a pour l'heure rien initié ou presque. Il déplore son manque de volonté à négocier des contreparties.

Plus ça va traîner, plus ça va s'éloigner dans le temps et plus ils espèrent que nous nous épuiserons à réclamer des négociations.

La chimie, le bon élève

Dans la branche chimie, on a commencé à négocier en mai . À la mi-juillet, un accord était signé avec deux syndicats, la CFDT et la CFTC. L'accord prévoit 47 000 embauches d'ici 2017 , c'est-à-dire un peu plus de 15 000 embauches par an d'ici trois ans et un petit effort en direction des jeunes avec l'objectif de recruter d'ici 2017, 20%d'apprentis en plus .

Supercherie a aussitôt réagi la CGT : le syndicat, non signataire, estime que le patronat n'a fait aucun effort. D'après lui, les embauches promises correspondent au rythme actuel de recrutement dans la branche. Il estime qu'avec les 400 millions d'euros que les entreprises du secteur vont toucher chaque année grâce au pacte, on pouvait faire beaucoup plus.

On fait surtout ce qu'on peut, réplique le patronat : l'Union des industries chimiques rappelle que le coût de l'énergie pèse lourd dans les comptes de ses entreprises, et que son secteur souffre d'un problème de compétitivité vis-à-vis des Américains notamment qui paient leur gaz moins cher. Les aides du Pacte de responsabilité vont donc permettre de maintenir les effectifs malgré le contexte, et même d'aller un peu au-delà. Grâce au Pacte dit le patronat, on va pouvoir procéder dans la chimie à 10% de recrutements supplémentaires : 47 000 embauches d'ici trois ans, contre 42 000 s'il n'y avait pas eu les aides.

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Le Pacte de responsabilité
Le Pacte de responsabilité © Radio France
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