Les Etats-Unis demandent à Boeing de mettre à jour les logiciels de ses appareils 737 MAX après deux accidents mortels survenus en moins de six mois et qui ont débouché sur l'immobilisation des flottes dans de nombreux pays.

Le Boeing 737 MAX 8 sur la sellette après deux accidents
Le Boeing 737 MAX 8 sur la sellette après deux accidents © AFP / JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Boeing va lancer une mise à jour du logiciel de commande de son modèle 737 MAX. Cette décision est l'une des conséquences du crash d'un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines dimanche au sud-est d'Addis Abeba peu après le décollage, tuant les 157 passagers et membres d'équipage. 

L'ordinateur de bord dans le collimateur

Selon un témoin cité par l'AFP, l'arrière de "l'avion était déjà en feu lorsqu'il s'est écrasé au sol". 

Or, cet accident ressemble à celui d'un autre Boeing 737 MAX 8 en Indonésie en octobre dernier, qui avait entraîné la mort des 189 personnes à bord, là aussi quelques minutes après le décollage.

Si les causes de l'accident du vol Ethiopian Airlines de dimanche ne sont pas encore connues, le crash de Lion Air en Indonésie avait braqué l'attention sur les capteurs d'incidence (AOA) dont un dysfonctionnement peut conduire l'ordinateur de bord, pensant être en décrochage, à mettre l'appareil en piqué alors qu'il faudrait au contraire le redresser.

Le Boeing 737 MAX
Le Boeing 737 MAX © Visactu / Visactu

Une mise à jour tardive

La mise à jour du logiciel sera lancée sur toute la flotte 737 MAX dans les prochaines semaines, précise Boeing. Le constructeur affirme dans son communiqué daté du 11 mars 2019 que cette mise à jour était en cours depuis l'accident du Boeing 737 de Lion Air en octobre. 

Si Boeing annonce cette mise à jour seulement aujourd'hui, c'est probablement parce que l’agence américaine de l’aviation (FAA), un des principaux régulateurs du transport aérien, a demandé à l'avionneur américain d'effectuer des changements "au plus tard en avril" sur ses logiciels et sur le système de contrôle MCAS conçus pour éviter les décrochages. Boeing doit également actualiser le manuel destiné à la formation des pilotes.

En attendant, le régulateur de l'aviation civile américaine (FAA) suspend temporairement les opérations de "toutes les variantes des appareils Boeing 737 MAX" dans son espace aérien. 

Boeing, la vache sacrée de l'industrie américaine

Si Boeing a tant tardé, c'est sûrement parce que l'avion se vend très bien. Le Boeing 737 est l'avion le plus vendu au monde et moins de deux ans après la commercialisation de sa version MAX, 5 000 commandes sont en attente. Il s'agit de l'appareil qui génère le plus de bénéfices chez Boeing et c'est peut être ce qui explique que les autorités aéronautiques américaines ont certes tapé du poing sur la table mais n'ont pas décidé de clouer les avions au sol.

Cette procédure extrêmement rare outre-atlantique n'a été déclenchée que 2 fois en 40 ans, la dernière fois c'était en 2013 pour un problème de batterie sur le 787 Dreamliner, l'autre avion star de Seattle

Plusieurs compagnies à travers le monde ont annoncé qu'elles clouaient au sol leurs appareils 737 MAX 8 et 9. 

Les Etats-Unis ont décidé de ne pas clouer au sol ces avions mais veulent obliger Boeing à procéder à des modifications du 737 MAX 8 et du 737 MAX 9. 

De plus en plus de pays interdisent les Boeing 737 MAX

Les autorités américaines se distinguent de la Corée du Sud, de l'Indonésie, de la Mongolie, et surtout de la Chine, grosse cliente du 737 MAX 8, qui ont décidé d'immobiliser ces appareils. En Inde, les autorités ont imposé des mesures de sécurité supplémentaires aux équipes de maintenance au sol et aux équipages des avions. L'Australie interdit également les Boeing 737 MAX dans son espace aérien. 

Le régulateur de l'aviation civile de Singapour a annoncé "suspendre temporairement" à partir de mardi "les opérations de toutes les variantes des appareils Boeing 737 MAX à destination et au départ de Singapour".  

Du côté des compagnies aériennes, Ethiopian Airlines a immobilisé ses quatre autres Boeing 737 MAX 8, suivie par Cayman Airways (îles Caïmans), Comair (Afrique du Sud), Aeromexico (Mexique) et Gol (Brésil). 

Les pilotes de la compagnie argentine Aerolineas Argentinas ont annoncé, via leur syndicat, qu'ils refusaient de voler sur cet appareil jusqu'à recevoir "suffisamment d'informations et de garanties". 

A noter qu'aucune compagnie française ne vole à bord d'un Boeing 737 MAX . Mais la France a décidé mardi d'interdire le survol de son territoire aux Boeing 737 MAX. L'Allemagne et le Royaume-Uni ont également fermé leur espace aérien aux Boeing 737 MAX.

Cette nouvelle tragédie est un défi majeur pour le constructeur américain et inquiète les investisseurs. Le titre Boeing a perdu 5,36% à Wall Street lundi.  

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