L'INSEE vient de publier les résultats de son dernier recensement : Paris a perdu plus de 53 000 habitants en 5 ans. Pourtant le nombre de logements, lui, ne diminue pas. Pour le premier adjoint de l'équipe municipale, la responsabilité incombe directement à la multiplication des meublés de tourismes, Airbnb en tête.

Selon l'INSEE, près de 17,5% des logements parisiens ne servent plus de résidence principale
Selon l'INSEE, près de 17,5% des logements parisiens ne servent plus de résidence principale © Getty / Frédéric Soltan

L'INSEE vient de publier les résultats du dernier recensement et à Paris, les chiffres sont sans appel : 53.095 habitants en moins en 5 ans, et chaque année la capitale perd en moyenne 11.000 habitants. Paris se vide donc progressivement : Le phénomène ne date pourtant que de 2012, année où la plateforme de logements touristiques AirBnB avait justement choisi d'installer des bureaux en France.

Si Paris, depuis 5 ans, perd plus d'habitants qu'elle n'en gagne, le nombre de logement ne diminue pourtant pas dans la capitale.  Pour Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie, il y a tout simplement de moins en moins d'habitants : "Au moment où un bien immobilier est vendu, au lieu de rester dans le parc immobilier (racheté pour y habiter ou le louer), il disparaît : des investisseurs avec des masses d'argent colossales rachètent ces appartements et, au lieu de les habiter, les mettent en location touristique, parce que ça leur rapporte 6 à 7 fois plus d'argent. Et ça, ce n'est pas normal".  

Une offre commerciale uniquement vouée au tourisme

17,5% des logements parisiens ne servent plus de résidence principale, et sont vacants. Le phénomene inquiète parce qu'il pourrait avoir des répercussions sur la vie quotidienne des parisiens. Emmanuel Grégoire dénonce le "risque d'uniformisation de l'offre commerciale orientée vers les touristes" : 

"Si on veut maintenir fleuristes, bouchers poissonniers et petits cafés du coin, il faut aussi des gens qui vivent là."  

Actuellement dans les grandes villes, il est interdit de louer une chambre plus de 120 jours par an. Mais Emmanuel Grégoire veut que le parlement aille plus loin, pour abaisser jusqu'à 60 jours ce seuil de nuitées. Une restriction qui permettrait d'éviter de tenter les spéculateurs immobiliers.

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