Le service d'Autoportage Autolib' n'existe plus. Le contrat qui unissait le syndicat mixte des 103 communes utilisatrices du service et le groupe Bolloré s’est achevé prématurément à cause d’un différend financier. Mais de quelles alternatives disposent les usagers à partir d’aujourd’hui pour remplacer leur Autolib' ?

Les remplaçants d'Autolib' pourront bénéficier des 3 244 bornes (à recharge lente) laissées libres par les Bluecar, ainsi que du parc de 400 bornes de recharge rapide de la ville.
Les remplaçants d'Autolib' pourront bénéficier des 3 244 bornes (à recharge lente) laissées libres par les Bluecar, ainsi que du parc de 400 bornes de recharge rapide de la ville. © Radio France / Marine Chailloux

"Il n’y aura pas de service qui remplacera Autolib' à 100%", explique Catherine Baratti-Elbaz, la présidente du syndicat mixte Autolib' Vélib' qui regroupe toutes les communes utilisant ces services. Et de préciser : "même s'il existe d'autres sociétés d'autopartage, elles ne proposent pas les mêmes services qu'Autolib'. Premièrement, leurs véhicules ne sont pas forcément électriques. Et deuxièmement, il n'est pas toujours possible de prendre une voiture à un point A et de la déposer à un point B. Il faut la remettre au point A."

Justin de Baere, directeur marketing France de la société d'autopartage Ubeeqo, partage le même avis. "Nous n'avons jamais vu Autolib' comme un concurrent. Nous étions plutôt complémentaires. De notre côté, nous nous adressons plutôt à une clientèle qui a des besoins sur une longue durée ou de plus grandes distances : pour sortir de Paris par exemple. Nous n'avons pas vocation à remplacer Autolib'." 

Ubeeqo, Communauto ou encore Zipcar proposent déjà des véhicules en autopartage à Paris, mais sur réservation. "J’espère que les nouveaux opérateurs proposeront des services diversifiés avec des voitures différentes et des conditions d’utilisations différentes pour toucher plus d’usagers qu'Autolib', argumente Catherine Baratti-Elbaz. Car les besoins sont très variables. Il y a des usagers qui ont besoin de faire des déplacements Paris-banlieue ou bien banlieue-banlieue." La Mairie de Paris envisage de se tourner vers des offres de "freefloating", c’est-à-dire que les utilisateurs pourront prendre une voiture et la garer là où ils le souhaitent dans la ville.

PSA ou Renault pour prendre la relève ? 

Début juillet, la société PSA avait annoncé son souhait de prendre la relève. "La flotte mise en place comptera dans un premier temps 500 véhicules électriques des marques Peugeot et Citroën", avait indiqué le constructeur. Dans la foulée, Renault avait fait son offre à la Mairie de Paris. "Nous proposerons deux formules. Il y aura une offre de freefloating, ainsi qu’une offre d’autopartage en boucle où il faut remettre son véhicule là où on l’a pris", a expliqué Renault. Ces deux géants de l'automible proposent d'ores et déjà des véhicules en libre-service en France mais aussi en Espagne où ce système est largement plus développé.  

Quoi qu'il en soit, si ces acteurs privés sont amenés à reprendre le flambeau, la Ville de Paris souhaite changer de système et ne plus avoir recours au régime de délégation de service public comme ce fût le cas avec Autolib'. Pour encadrer le freefloating, les nouveaux opérateurs du service devront payer un forfait annuel allant de 300 à 500 euros pour chaque véhicule mis à disposition.

Une vingtaine de communes de la petite et grande couronne parisienne réfléchissent au retour d'Autolib' et ont formé un collectif. Philippe Brillault est le maire (LR) du Chesnay, dans les Yvelines : "le groupe Bolloré possède aujourd’hui plus de 3000 voitures. Nous, nous avons les autorisations de voirie. Nous sommes capables de ceinturer tout Paris avec ces voitures. Il n’y a aucune raison de lâcher prise !" Le collectif de maires attend une réponse du groupe Bolloré pour la fin du mois d'août. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.