Le conseil des prud'hommes de Versailles a débouté vendredi un salarié d'un sous-traitant de Renault, licencié selon lui pour avoir proposé de diffuser le film.

François Ruffin, réalisateur du film "Merci patron"
François Ruffin, réalisateur du film "Merci patron" © Maxppp / Hubert Van Maele

L'histoire commence en mars dernier. Henri, 34 ans est prestataire sur le site Renault de Guyancourt, dans les Yvelines. Il vient de voir au cinéma "Merci patron", le film de François Ruffin sur Bernard Arnault, et il lui vient une idée : projeter ce film auprès des salariés, et pourquoi pas, leur donner envie au passage de se syndiquer. Mal lui en a pris. "J'ai envoyé un mails à plusieurs syndicats : CGT et Sud qui m'ont soutenu depuis, et un syndicat de cadres qui s'en est plaint auprès de la direction de Renault".

Suite à cet épisode, l'ancien patron d'Henri reçoit un courrier de Renault. Le constructeur lui reproche d'avoir utilisé l'intranet du groupe pour obtenir les adresses mails des syndicats. Mais "nous n'avons jamais demandé sa tête", se défend la marque. Il est ensuite mis à pied, et convoqué à un entretien en vue "d'envisager à son égard une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'au licenciement pour faute grave". Il écope également d'un avertissement.

L'intéressé, lui, reste sûr de ses droits.

On n'a pas à me licencier pour ça, et le contenu n'avait rien de revendicatif, de méchant, de vindicatif.

Le licenciement, il arrive un peu plus tard. Pour le justifier, son ancien patron s'appuie toutefois sur un tout autre fait : lors de l'entretien qui a mené à sa mise à pied, Henri a enregistré la conversation à l'insu de son interlocuteur, entretien qui a fini par être massivement diffusé sur le web.

► ► ► DOCUMENT | Extrait de la lettre de licenciement reçue par le salarié

Extrait de la lettre de licenciement pour faute grave du salarié
Extrait de la lettre de licenciement pour faute grave du salarié © Radio France
Extrait de la lettre de licenciement pour faute grave du salarié
Extrait de la lettre de licenciement pour faute grave du salarié © Radio France