L'Insee publie ce lundi un rapport sur l'évolution du patrimoine des Français entre 2010 et 2015. Résultat : ceux qui possédaient le moins en 2010 sont encore plus pauvres en 2015.

Les comptes-chèque sont presque la seule composante du patrimoine des plus pauvres
Les comptes-chèque sont presque la seule composante du patrimoine des plus pauvres © Maxppp / Beneluxpix

Les chiffres sont très mauvais pour les ménages tout en bas de l'échelle, selon un rapport de l'Insee publié ce lundi sur l'évolution des inégalités de patrimoine. Pour les 10% des ménages les moins fortunés du pays, le patrimoine est constitué quasi-exclusivement de produits financiers que sont les comptes-chèque ou les livrets d'épargne. Leur montant moyen est passé de 250 euros seulement en 2010 à 150 euros en 2015 pour les comptes chèque, soit une baisse de 20%, et de 110 euros à 90 euros pour les livrets d'épargne.

Résultat : le rapport D9/D1, c'est-à-dire entre les 10% les plus riches de la population et les 10% les plus pauvres, a triplé sur la période : les 10% les plus aisés ont un patrimoine supérieur à 595.700 euros, alors que les 10% les plus en difficulté ne dépassent pas 4.300 euros, soit 139 fois moins. Les inégalités de patrimoine sont bien plus marquées que les inégalités de revenu, où le rapport n'est que de 1 à 5 entre les plus pauvres et les plus riches.

Les différences entre riches et pauvres sont colossales
Les différences entre riches et pauvres sont colossales © Radio France / JB

L'accès au logement facilité pour les plus jeunes

La première cause de ces inégalités, c'est le logement : les ménages les plus modestes n'ont pas accès à la propriété : seul un quart des 50% les moins bien dotés sont propriétaires, alors que chez les 10% les plus riches, ils sont 95% à posséder au moins un bien immobilier. En revanche, ce qui change depuis 2010, c'est l'accès à la propriété pour les plus jeunes : elle est en hausse de quatre points grâce à la baisse des taux immobiliers.

Enfin, la différence est forte aussi entre les salariés et les indépendants, qui ont bien plus de patrimoine professionnel (puisqu'ils doivent notamment avoir un local, une voiture de fonction, etc.) et qui épargnent davantage car leur activité est plus risquée.

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