La journée, créée au lendemain de la canicule de 2003 qui a causé la mort de 15.000 personnes âgées, a rapporté plus de 30 milliards d'euros. Mais à quoi ont-ils servi ?

La journée de solidarité a été créé en 2004.Seule une minorité d'employeurs continuee de la fixer le lundi de Pentecôte,
La journée de solidarité a été créé en 2004.Seule une minorité d'employeurs continuee de la fixer le lundi de Pentecôte, © Maxppp / McPHOTO/picture alliance/blickwinkel/M/Newscom/MaxPPP

Vous l'avez peut-être oublié tant l'organisation en a été modifiée d'année en année, mais c'est aujourd'hui lundi de Pentecôte, la journée de Solidarité. Une journée créée au lendemain de la canicule de 2003 qui a causé la mort en France de plus de 15.000 personnes très majoritairement des personnes âgées.

Au lendemain de cette canicule le président de la République Jacques Chirac lance l'idée de cette journée de solidarité, au profit des personnes âgées et handicapées. Le lundi de Pentecôte, férié jusque-là, devient journée de travail sans rémunération supplémentaire pour les salariés. Et en échange l'employeur verse une cotisation équivalente à 0,3% de sa masse salariale. Mais depuis 2008, les modalités sont très variées. Ce n'est pas seulement le lundi de Pentecôte qui peut servir de support à la journée de solidarité.

Depuis sa création en 2004 la journée de solidarité a rapporté plus de 30 milliards d'euros. Elle devrait rapporter en 2017 : 2,4 milliards d'euros.

Cette organisation "à la carte" depuis 2008, fait, que l'élan fédérateur s'est dilué, selon Jennifer Carrel, avocate spécialiste du Droit Social au cabinet UGGC Avocats : "C’est une bonne mesure d'un point de vue financier, mais l'adhésion s'est diluée. Les salariés sont habitués à ces jours fériés, leurs conjoints et famille ont parfois une journée de solidarité différente ou n’y participent pas, comme les professions libérales, et ils vont en réalité poser un congé payé lors de cette journée sans plus y penser. Pareil, lorsque ce sont les employeurs qui "offrent" cette journée aux salariés."

Cinq milliards d'euros n'auraient pas été utilisés au profit des personnes âgées

Une bonne mesure d'un point de vue financier, certes, mais les responsables des structures qui s'occupent des personnes âgées dénoncent toujours des crédits détournés de leur finalité première.

C'est l'effet vignette dénoncé encore cette année par Pascal Champvert, le président de l'association des directeurs au service des personnes âgées. L'effet vignette, comme cet autocollant qu'on apposait tous les ans sur les pare-brise des voitures et qui devaient servir à l'origine à financer un revenu minimum pour les personnes âgées, mais dont les fonds finalement servaient à tout autre chose.

Pour la journée de solidarité, Pascal Champvert parle là-aussi de détournement des crédits normalement destinés aux personnes âgées. "C'est toujours pareil, il y a toujours d'autres priorités", dénonce-t-il, et la situation des personnes âgées ne s'améliore pas. Il estime à cinq milliards d'euros au total l'argent ainsi détourné de sa fonction première depuis la création de la journée de solidarité. C'est "un pot de confiture dans lequel on se sert allègrement" dit-il encore.

Et il l'affirme : le résultat, c'est qu'"en France, on est toujours en retard sur l'aide aux personnes âgées", aussi bien à domicile que dans les établissements spécialisés.

Combien rapporte la journée de Solidarité
Combien rapporte la journée de Solidarité © Visactu /
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