le trafic tgv nord reprend
le trafic tgv nord reprend © reuters

Un rapport de la Cour des Comptes publié ce jeudi pointe les dérives de gestion du réseau français de lignes à grande vitesse. Son coût est devenu insoutenable. Le modèle du tout TGV montre ses limites, et le financement des futurs projets n'est pas assuré.

Le constat est simple : aucune des six liaisons grande vitesse existantes n'a atteint ses objectifs de rentabilité . La SNCF a mal jaugé ses niveaux de trafic : les prévisions ont été surestimées. La rentabilité des lignes est deux fois moins importante que prévue sur la LGV Paris-Marseille, et jusqu’à quatre fois moins sur la ligne Paris-Lille.

Les explications de François Desplans :

Beaucoup d'argent, peu d'efficacité

« Aujourd’hui, un kilomètre de LGV, c’est de l’ordre de 30 millions d’euros. Si vous électrisez une ligne ferroviaire classique, c’est 2 millions d’euros ». Didier Migaud, le président de la Cour des Comptes, a fait ses calculs. Et il faut selon lui en tirer les conséquences : « Le financement des futurs projets n’est pas assuré. Il faut désormais faire des choix, établir des priorités ».

Par ailleurs, les Sages de la rue Cambon estiment que le choix de la grande vitesse n’est pas toujours pertinent, et ne répond pas forcément à des critères rationnels.

La bonne image qu'a conquise la grande vitesse ferroviaire ne doit pas occulter les limites de sa réussite ni leurs conséquences sur le reste du système ferroviaire

La Cour des Comptes souligne deux implantations de gare économiquement contestables selon elle : TGV Lorraine et Meuse TGV, qui n’ont aucune interconnexion avec le réseau de transport régional.

Les rames de TGV desservent 230 destinations (record mondial), et passent 40% de leur temps sur des lignes classiques. Selon la Cour, les TGV devraient donc desservir moins de gares sur leurs lignes dédiées, et moins circuler sur les lignes classiques.

Des futures lignes menacées ?

L’Etat et les élus locaux ont poussé au tout TGV sans réfléchir aux financements. Les Sages recommandent donc dorénavant de concentrer les moyens financiers sur l’entretien du réseau existant, et de ne plus financer des projets non rentables.

Quant au "financement des projets de LGV déjà décidés ", il n'est "pas assuré ", déplore la Cour. En cause, le "haut niveau d'endettement de Réseau ferré de France (RFF) qui l'empêche de financer de nouvelles lignes par emprunt ", auquel s'ajoute l'abandon de l'écotaxe, dont le produit devait revenir à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf). Celle-ci "n'a déjà pas été en mesure d'honorer ses engagements budgétaires en 2013 ", souligne le rapport.

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