David Foenkinos, au Salon du Livre 2015 à Paris
David Foenkinos, au Salon du Livre 2015 à Paris © MaxPPP / Jean-Baptiste Quentin

Alors que s'ouvre le Salon du Livre de Paris, une vaste étude coordonnée par le ministère de la Culture dessine pour la première fois le profil socio-économique de l'auteur. Leurs revenus baissent depuis une quinzaine d'années et peu peuvent se passer d'une autre activité.

C’est une profession à fantasmes. Alors rien de mieux qu’une radiographie complète pour savoir de quoi on parle. Un peu plus de 100 000 auteurs ont été recensés et autant de questionnaires envoyés pour essayer d’en savoir un peu plus.

► ► ► DOCUMENT | Le rapport complet sur le site du ministère de la Culture

Marie Sellier, présidente de la Société des gens de Lettres, précise qu’il lui a fallu deux bonnes heures pour répondre aux questions. C’est donc une enquête approfondie, qui porte aussi bien sur les revenus des auteurs que sur leur logement, les villes où ils vivent, leur structure familiale, etc. Marie Sellier militait depuis longtemps pour cette enquête. Les résultats confirment, malheureusement, ses intuitions.

On le voit très clairement sur les graphiques, depuis les années 90/2000, les revenus des auteurs ne cessent de baisser . Dans l’ensemble il y a vraiment une dégradation de notre situation.

"600 euros de droits d'auteur, c'est jour de fête !"

Combien d’auteurs vivent de leur plume ? Difficile à dire. 5 000 environ sont affiliés à l’AGESSA, la sécurité sociale des auteurs. Pour être affilié, il faut gagner au minimum 8 649 euros par an : c’est peu. Voilà pourquoi la plupart des auteurs ont un autre métier. Shaïne Cassim, une auteure jeunesse, travaille dans l’édition. Et heureusement, car ce n’est pas avec l’argent de ses romans qu’elle pourrait payer son loyer.

Il y a quelques mois, j’ai eu la délicieuse surprise de recevoir, pour la première fois de ma vie, 600 euros de droits d’auteur et j’étais tellement fière d’avoir remboursé l’à-valoir de mon livre ! Je n’en revenais pas. C’était un jour de grande fête ! 600 euros, c’est quand même pas mal pour un début.

Quand on leur demande de définir leur métier, les auteurs le disent "passionnant" mais les mots "précaire", "difficile" et "mal-payé" arrivent tout de suite après.

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