Soutien d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, le professeur d'économie du Collège de France, Philippe Aghion, avait mis le Président en garde en juin dernier, dans une tribune parue dans Le Monde, sur sa politique insuffisamment tournée vers le social. Il réagit aux annonces d'Edouard Philippe dimanche.

Philippe Aghion, professeur d'économie au Collège de France
Philippe Aghion, professeur d'économie au Collège de France © Maxppp / Vincent Isore

Edouard Philippe assume : il préfère privilégier la rémunération de l'activité par rapport aux prestations sociales. Dans l'interview au Journal du dimanche publiée ce week-end, le Premier ministre a précisé les coupes budgétaires prévues en 2019, en raison d'une croissance revue à la baisse, à savoir une moindre hausse de certaines prestations sociales et la réduction du nombre de fonctionnaires.

En clair, si aucune prestations sociales n'est supprimée, les prestations familiales et les pensions de retraite de base et d'invalidité ne seront revalorisées que de 0,3 % alors que les prix s'envole. L'inflation devrait dépasser les 1,5 % l'année prochaine.  Il est aussi contraint de revoir les prévisions de croissance à la baisse : 1,7 % au lieu de 1,9 %. En plus de cela, il faut maintenir l'objectif de ramener le déficit public à 2,3 %. 

Aujourd'hui, l'économiste estime la politique du gouvernement "plutôt équilibrée". "C'est intelligent, estime Philippe Aghion, face à une croissance "moins bonne que prévue" : "L'idée c'est de réduire le déficit sans taper sur les pauvres ni désinciter au travail".

Mais pour le professeur d'économie, ces mesures ne suffisent pas, seules : "Il faudrait que ce budget aille de paire avec la mise en chantier de réformes importantes. À moyen et long terme, il faut des réformes systémiques et structurelles pour nous remettre sur une bonne trajectoire."

39 sec

Philippe Aghion : "L'idée c'est de réduire le déficit sans taper sur les pauvres ni désinciter au travail"

Par Mariam El Kurdi
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.