Avec un mois d'août qui confirme un indice des prix à la consommation en hausse de 2,3% en variation annuelle, l’inflation est bien de retour. Dans des proportions qui, confirme l'économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.

L'explosion, en un an, du prix du baril de brut a largement pesé sur les coûts de l'énergie en France, donc sur le niveau général des prix.
L'explosion, en un an, du prix du baril de brut a largement pesé sur les coûts de l'énergie en France, donc sur le niveau général des prix. © AFP / Scott Heppel

Pourquoi les prix augmentent-ils cette année ?

"L'inflation est essentiellement due aux prix de l’énergie. Sur un an, ils ont augmenté de 14%. Du fait, principalement, du pétrole. Il y a deux ans, le prix du baril était à 26 dollars, aujourd’hui, il atteint 76 dollars. En plus, les taxes ont augmenté. La hausse générale des prix est aussi un peu alimentée par le tabac. Sur un an, ses prix augmentent de 17%, du fait des taxes encore. Enfin, l’alimentation – les produits frais notamment – est en hausse."

La fiscalité joue un rôle dans l’inflation. En particulier quand elle se surajoute à l’augmentation des prix des produits, ce qui est le cas dans l’énergie. C’est également valable pour le tabac, avec une augmentation des droits décidée par le gouvernement.

"Les produits alimentaires s’inscrivent dans des cycles. En saison estivale, il y a toujours une petite augmentation des tarifs, assez classique. Pour les services liés au tourisme, c’est la même chose. Les prix montent en juin, puis redescendent en octobre."

L'inflation est-elle amenée à accélérer ? 

"L’inflation dépasse les 2%, ce qui n’est pas une inflation très importante par rapport à ce qu’on a connu dans les années 1980, mais un niveau élevé par rapport à ces trois-quatre dernières années.

Elle devrait se calmer dans les prochains mois. Le pétrole semble se stabiliser autour de 70 dollars. Par ailleurs, il y a un ralentissement économique en France et partout en Europe. Et _si la croissance est moindre, les prix sont plus sages._"

Qui gagne ? Qui perd ? 

"Pendant des années, on a espéré le retour de l’inflation après la crise de 2008. Aujourd’hui, certains s’en émeuvent. 2%, c’est plutôt un bon taux d’inflation. C’est l’objectif de la Banque centrale européenne. Ça met un peu d’huile dans les rouages, ça réduit le montant des emprunts à rembourser."

L’Etat est gagnant. Ceux qui se sont endettés aussi, à condition que leurs salaires augmentent.

"En revanche, il y a  des perdants. Ceux dont les revenus ne sont pas indexés – les retraités, du fait de l’annonce du gel partiel des pensions pour les deux prochaines années –, les épargnants, aussi, surtout ceux qui ont investi dans les produits de taux."

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