Pixmania
Pixmania © Radio France

Les 370 salariés de Pixmania sont dans l’attente. Leur société a été placée en redressement judiciaire et l’unique repreneur du site de vente en ligne doit déposer aujourd'hui son offre de reprise. En 2 ans, le site a perdu les 3/4 de ses effectifs.

270 salariés en France

Le site de destockage Vente du diable pourrait reprendre une partie de l'activité de l’ex-pionnier de l'e-commerce en redressement judicaire. L’offre doit être finalisée aujourd’hui, mercredi 20 janvier 2016. La grande interrogation concerne les salariés : combien vont conserver leur emploi ?Vente-du-diable a indiqué ne vouloir reprendre qu'une partie des activités de Pixmania. Cela ne concernerait qu'une trentaine de salariés seulement. Les juges du tribunal de commerce de Nanterre décideront le 28 janvier si la reprise partielle est possible.Pixmania emploie 270 salariés en France, forcément inquiets. Son siège est situé à Asnières-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. Il dispose également d’un entrepôt à Brétigny, dans l’Essonne, où travaillent 83 salariés.

La chute d’un miracle français

Créé en 2000, la petite entreprise familiale Pixmania employait en 2010 près de 1 500 personnes et constituait presque un miracle français : son chiffre d’affaires atteignait près d’un milliard d’euros et l’entreprise comptait 10 millions de clients dans 26 pays. « Les prix les plus bas sont chez Pixmania » affirmait-il. C’est justement le tort du site d’avoir lancé une guerre fratricide sur les prix et de n’avoir eu que cette stratégie en ligne de mire.

« Il n’y a rien de plus simple à copier que les baisses de prix ». L’analyse de Laurent Kramer :

Dans ce marché où il faut grossir pour survivre face aux géants que sont la Fnac, Amazon ou CDiscount, Pixmania a commencé à perdre de l’argent à partir de 2012. Son chiffre d’affaires a plongé, passant à 295 millions d’euros en 2014. L’entreprise a donc été contrainte de désinvestir et de fermer des boutiques, véritable cercle vicieux pour le site. Depuis, il a connu plusieurs plans sociaux et a perdu près des deux tiers de ses emplois. Ses pertes, qui se chiffraient à 25 millions d’euros en 2012, ont été réduites depuis sous l’égide de son actuel propriétaire, l’investisseur allemand Mutares, spécialisé dans le redressement de sociétés en difficulté. Auparavant, ses fondateurs, les frères Rosenblum avaient vendu la société en 2006 au groupe anglais Dixons pour 266 millions d'euros. Ils se sont totalement retirés du groupe en 2012.

Hors des géants du Web, point de salut ?

Le secteur très concurrentiel du e-commerce est dominé par quelques grands groupes, cités plus hauts : la Fnac, Amazon entre autres. Il est compliqué de survivre avec une taille moyenne, à moins d’avoir, en plus de prix bas, une plus-value qualitative. Par exemple, le site Vente-privée.com, qui a acquis une expérience client particulière. De même, le site français LDLC prouve qu’il est possible de se développer à l’ombre des géants du Net.

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