Manuel Valls détaille le plan d'économies
Manuel Valls détaille le plan d'économies © Reuters

Le Premier ministre Manuel Valls a dévoilé ce mercredi les détails du plan de 50 milliards d’euros d’économies mis en place par le gouvernement. Les réactions politiques sont dures, avec des critiques à l’intérieur même du Parti Socialiste.

Manuel Valls a exceptionnellement pris la parole à la sortie du Conseil des ministres pour annoncer lui-même les détails du plan de 50 milliards d’économies. Il espérait peut-être compter sur le plein soutien des parlementaires (au moins socialistes) dans un moment où l’Etat annonce d’importantes mesures d’amaigrissement. C’est raté.

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Dans le cadre de ces économies, le Premier ministre a annoncé que les prestations sociales seront gelées jusqu'en octobre 2015. "Les familles prennent de nouveau un coup dur. Elles ne sont pas épargnées et vont avoir au niveau du pouvoir d'achat de nouvelles difficultés ", explique Jean-Louis Derroussan , président de la CNAF, la caisse nationale d'allocations familiales,invité du journal de 18h de Florence Paracuellos .

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Au PS : critiques sur le fond et la forme

Plusieurs députés PS ont rapidement dégainé la mitraillette à critique, via leurs comptes Twitter notamment. Principale critique : le fait qu’ils découvrent les annonces du Premier ministre…à la télévision.

Le député PS de la Nièvre, Christian Paul est le premier à réagir.

Le député PS de l’Essonne, Michel Pouzol confirme la méthode. Et la qualifie de "surprenante ".

Enfin, photo à l’appui, Jérôme Guedj, député PS et membre du Bureau National du parti, évoque une "situation lunaire ". Drôle d’ambiance.

Il n’y aura que Bruno le Roux pour voler au secours de Manuel Valls. Le chef de file des députés socialistes a défendu le plan d'économies qu'il a jugé "pleinement conforme aux valeurs de la gauche ", estimant que "le gouvernement a tenu sa parole ".

Le programme de réduction des dépenses (…) présenté ce matin ne sera ni un plan d'austérité ni une remise en cause de notre modèle social mais la résultante d'une réforme en profondeur des structures de l'Etat, des collectivités et de la sécurité sociale. (Bruno le Roux)

A l'extrême-gauche : Bruxelles pointé du doigt

Pour Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, le coupable est tout trouvé. Il dépeint le Premier ministre en "huissier de la Commission européenne ".

François Delapierre, secrétaire national du Parti de gauche, décrit "des sacrifices pour le grand nombre " et "appelle les parlementaires à refuser ces orientations ".

Au centre : "l’austérité en plus "

Pour Philippe Vigier, chef de file des députés UDI, "Manuel Valls n'a fait que rejouer son discours de politique générale, avec l'austérité en plus. "

Il critique plusieurs mesures annoncées comme la non-revalorisation des retraites et des retraites complémentaires jusqu'en 2015 qui va "à l'encontre de la protection du pouvoir d'achat et du nécessaire maintien de la cohésion sociale. "

A droite : un discours "pas à la hauteur "

Pour Bernard Accoyer (UMP), "le discours est un peu plus détaillé qu'auparavant, mais n'est pas à la hauteur. Le compte n'y est pas compte tenu du refus de Bruxelles d'accorder un nouveau délai à la France pour le respect des 3% du PIB pour le déficit. "

Eric Woerth décrit des "intentions de réduction des dépenses de la Sécurité Sociale, mais on ne sait pas comment. Rien n'est à la hauteur des enjeux. "

Les 50 milliards ne suffisent pas. (Eric Woerth)

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S Woerth / réac Valls

A droite, on s'inquiète également de la volonté de continuer d'embaucher des fonctionnaires."Il ne faut pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part" , regrette Nadine Morano.

Manuel Valls se trompe de poches (Nadine Morano)

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valls mesures morano

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) estime lui que le Premier ministre préfère "s'attaquer au pouvoir d'achat des Français plutôt que d'avoir un dialogue franc avec l'Allemagne et refuser de suivre les injonctions de Berlin et de Bruxelles. "

A l’extrême-droite : "une cure d’austérité sans précédent "

Florian Philippot, vice-président du FN, évoque "une cure d'austérité sans précédent qui se traduit par une violence sociale de plus en plus insupportable, de surcroît sans efficacité économique. "

Il ajoute : "Le gouvernement s'entête à obéir à l'Union européenne sur l'euro et la politique économique plutôt que de défendre l'intérêt général. "

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