Accusé par l'opposition de faire des cadeaux aux riches, le gouvernement présente ce mercredi son plan finance et dit réorienter l'épargne et la fiscalité vers l'économie réelle.

Le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire, en compagnie du ministre de l'Action et des Comptes publiques Gérald Darmanin.
Le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire, en compagnie du ministre de l'Action et des Comptes publiques Gérald Darmanin. © AFP / Martin BUREAU

Le projet de loi de finances est présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Un test pour le gouvernement d'Édouard Philippe qui, quatre mois après l'élection d'Emmanuel Macron, met son programme à l'épreuve des contraintes budgétaires.

L'interrogation se porte sur les économies prévues au regard des promesses de baisse d'impôts et de taxes promises par Emmanuel Macron. Le gouvernement prévoit 16 milliards d'euros de baisse de dépenses publiques, concentrée sur l'État, la sécurité sociale et les collectivités. C'est un peu moins que les 20 milliards initialement prévus.

Dans le même temps, les impôts et prélèvements obligatoires (impôts, taxes et cotisations sociales) vont baisser de 7 milliards dès 2018.

Cadeaux aux plus riches ou renforcement de l'économie réelle ?

Ce qui est certain, c'est que le gouvernement enterre l’ISF. Le nouvel impôt sur la fortune immobilière, qui doit être précisé ce mercredi, ne taxera plus que les patrimoines immobiliers. En ce qui concerne les actions, mais aussi les Plan épargne logement et les plus grosses assurances vies, un taux unique de 30 % sera désormais appliqué.

Pour les caisses de l'État, ce changement ne sera pas neutre : l'OFCE chiffre le manque à gagner à plus de 4 milliards d'euros. Une mesure qui profitera surtout aux ménages les plus aisés et notamment ceux qui possèdent les plus gros patrimoines financiers, estime encore l'institut de conjoncture économique. Mais le gouvernement se défend de faire "un cadeau aux riches" : il s'agit de réorienter l'épargne vers l'économie et les entreprises.

Coup de pouce peu visible pour les ménages

Quant aux ménages, leur pouvoir d'achat va bénéficier d'un coup de pouce dès l'an prochain avec une première baisse de la taxe d'habitation. Elle va diminuer d'un tiers pour 17 millions de foyers. En parallèle, les cotisations sociales sur les salaires vont disparaître et la prime d'activité sera revalorisée de 20 euros, tout comme les minimas sociaux.

Mais ces baisses ne vont pas être immédiatement visibles sur les fiches de paie et dans le porte-monnaie des actifs : les gains seront soit reportés en fin d'année , soit étalés dans le temps, alors que la hausse de la CSG sera, elle, effective dès le 1er janvier.

L’exécutif va donc devoir faire preuve de pédagogie pour convaincre les bénéfices de sa réforme, déjà contestée par les retraités.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.