Le constructeur automobile japonais Nissan vient d'annoncer la suppression de 12.500 emplois dans plusieurs sites du groupe, pour enrayer la chute des bénéfices dues à la bascule vers l'électrique.

Au premier trimestre de l'exercice 2019/20 , Nissan a vu son bénéfice net fondre de près de 95%
Au premier trimestre de l'exercice 2019/20 , Nissan a vu son bénéfice net fondre de près de 95% © AFP / Indranil Aditya / NurPhoto

Nissan, en mauvaise posture stratégique, a pris une décision radicale : le constructeur japonais automobile, confronté à une dégringolade de ses profits, a annoncé jeudi la suppression de 12.500 emplois, en même temps que la réduction de sa production de 10% d'ici à 2022/23. Ces mesures de restructuration auront lieu dans huit différents sites et projette de les poursuivre en six autres endroits, pas encore précisé par son patron Hiroto Saikawa.

Au premier trimestre de l'exercice 2019/20 (avril-juin), le partenaire du français Renault a vu son bénéfice net fondre de près de 95% à 6,4 milliards de yens (52 millions d'euros au cours retenu par le groupe), tandis que son chiffre d'affaires reculait de 12,7% à 2.372,4 milliards de yens sur la période, dans un contexte de ralentissement aux États-Unis et en Europe.

"Nous reconnaissons que les résultats sont très médiocres" (Hiroto Saikawa, patron de Nissan)

Réformes trop coûteuses

Saikawa, qui avance ne pas avoir d'autre choix possible pour maintenir la barre du géant automobile, met en cause la stratégie d'expansion pilotée par Carlos Ghosn, aux réformes trop coûteuses, mais aussi de lourds investissements dans le domaine technologique et pour répondre au durcissement des réglementations environnementales. Au final, les effectifs seront diminués de plus de 7% dans un groupe de 139.000 collaborateurs. 

Dans un contexte difficile pour l'industrie, Nissan semble aujourd'hui à bout de souffle. La firme subit un net recul des ventes de ses voitures aux États-Unis et en Europe, sans compter l'impact sur son image de l'affaire Ghosn elle-même. La compagnie nippone a pourtant largement contribué à déclencher la saga en menant l'enquête en interne sur son emblématique patron. Arrêté en novembre, le magnat déchu a depuis été inculpé à quatre reprises par la justice japonaise.

Nouvelles coupes sombres

Cette annonce constitue la nouvelle étape d'une longue succession de suppressions de postes annoncées dans le secteur depuis le début de l'année, comme Volkswagen (5 à 7 000 emplois, qui font partie des 30 000 suppressions prévues dans le monde jusqu'en 2020), Ford (plus de 7000 postes), Jaguar (4500 emplois au Royaume-Uni), ou Honda (3500 postes au Royaume Uni).

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