Sur le marché français de la musique, les ventes "physiques" sont encore supérieures aux ventes numériques. Ce qui ne devrait pas durer, du fait de l’explosion du streaming.

Visite d'Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du numérique, en 2016, dans les locaux du géant du streaming Spotify en Suède.
Visite d'Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du numérique, en 2016, dans les locaux du géant du streaming Spotify en Suède. © AFP / JONATHAN NACKSTRAND

Alors que le marché se dégrade depuis 2002, le bilan annuel du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) est presque enthousiaste pour 2016. Le marché de la musique enregistrée a en effet connu une hausse sensible, d’un niveau inédit : +5,4%. La fin, peut-être, d’une longue et douloureuse phase d’adaptation de l’industrie musicale aux nouveaux modes de distribution numériques ?

Certes, la part des ventes de disques, au sens physique du terme, reste prédominante : 3 achats de musique sur 5 portent encore sur des CD ou des vinyles, mais l’érosion est là. Ce marché à l’ancienne décline encore en 2016, tandis que son pendant numérique continue d’exploser, avec une hausse de +19,5%.

Télécharger, c'est dépassé

Mais dans la musique dite "dématérialisée", on ne parlera bientôt plus – ou presque – du téléchargement (-22%). Le streaming, majoritaire depuis au moins 2014, se taille désormais la part du lion : en hausse de 37%, il représente près de 80% des achats de musique, et son développement se fait bien au détriment du téléchargement.

En d’autres termes, les consommateurs de musique ne tiennent plus à "posséder" une œuvre, dans la mesure où ils y ont accès en permanence sur des plateformes de diffusion en ligne comme Spotify ou Deezer (les abonnements ont progressé de 42%). En 2016, 1 consommateur sur 4 a d’ailleurs payé pour ces services, tandis que seuls 8% sont prêts à écouter de la pub pour ne pas payer.

Un phénomène transgénérationnel

Dernier enseignement, et non des moindres : l’écoute numérique n’est plus une affaire de générations. Le Snep révèle que les "streamers" sont présents dans toutes les tranches d’âge. Et à 43%, ils utilisent les plateformes de streaming une fois par jour, pour atteindre une durée moyenne d’écoute de près de 8h30 par semaine !

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