Avec un insolent chiffre d'affaires de 61,1 milliards de dollars et 13,8 milliards de bénéfices au 2e trimestre fiscal, la firme à la pomme dépasse les attentes des investisseurs. Mais l'iPhone, qui représente 62% des recettes, ne fait plus (autant) recette.

Première menace de ralentissement sur le blockbuster d'Apple, l'iPhone X se vend moins bien que ses prédécesseurs. Le smartphone d'Apple compte au total 1,3 milliard d'utilisateurs dans le monde.
Première menace de ralentissement sur le blockbuster d'Apple, l'iPhone X se vend moins bien que ses prédécesseurs. Le smartphone d'Apple compte au total 1,3 milliard d'utilisateurs dans le monde. © AFP / Yang Zheng / ImagineChina

Les arbres montent-ils jusqu’au ciel ? Pas plus hier qu’aujourd’hui, les investisseurs ne le croient (durablement). Et à l’heure des résultats semestriels d’Apple, première capitalisation boursière de Wall Street, l’iPhone commence à inquiéter sérieusement les bailleurs de fonds.

Et pour cause : si les revenus d’Apple restent enthousiasmants et ses bénéfices copieux au 2e trimestre, ils sont en grande majorité à mettre à l’actif du premier smartphone à succès et à ses 1,3 milliard d’utilisateurs.

Or, face aux Samsung et autres Huawei, les ventes de l’iPhone se tassent. Loin des progressions à deux chiffres enregistrées ces dernières années, le nombre de smartphones vendus ne progresse que de 3% sur un an (à tout de même plus de 52 millions d'unités).

Le rythme de renouvellement des appareils fait grincer des dents. Des suspicions d’obsolescence programmée sur les iPhone 6 ont rappelé Apple et les constructeurs de smartphones à la réalité du marché : désormais, la clientèle est moins captive. En tout cas pas à n’importe quel prix – compter 1 159 euros pour un iPhone X !

Machine à cash

Ce que les investisseurs redoutent, c’est une dépendance trop grande de la firme de Cuppertino à l’iPhone. Lancé en 2007, cet objet devenu incontournable génère presque les deux tiers des revenus de la firme. La deuxième cash machine, ce sont les services – pour partie liés à l’iPhone, aussi – qui ne pèse pourtant pas plus de 15% des recettes de l’iPhone.

Autant dire que si l’activité smartphone était amenée à ralentir, ce serait le cœur du business de la firme qui serait affecté. Or les résultats des principaux fournisseurs d’Apple – Samsung, Corning ou encore Taiwan Semiconductor Manufacturing – laissent entrevoir tendance à la baisse des commandes, notamment de leur client à la pomme.

Faute de pouvoir rassurer, Apple a choisi de déminer. C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles la firme, dont le résultat progresse de 16%, de gonfler le dividende de ses actionnaires et de lancer un nouveau plan de rachat d'actions, à hauteur de 100 milliards de dollars. 

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