Dans son rapport annuel sur l'économie française, le Fonds monétaire international __ estime que la France devrait ralentir son rythme de réduction du déficit public afin de soutenir la reprise économique.

En 2014, le FMI prévoit que le taux de chômage français culminera à 11,6% de la population active, contre 11,2% en 2013, alors que François Hollande s'est engagé à enrayer sa progression d'ici la fin de l'année. Sur la base de prévisions de croissance moins optimistes que celles du programme de stabilité remis au printemps à la Commission européenne, il n'entrevoit pas non plus de retour à un équilibre structurel des finances publiques avant 2017, soit un an plus tard que ne l'escompte le gouvernement .

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lagarde pourrait prendre la tête du fmi dès ce mardi © reuters

Ralentir quelque peu

Pour ces deux raisons, le FMI estime nécessaire de "ralentir quelque peu " le rythme de consolidation budgétaire par rapport à ce que prévoit ce programme pour soutenir une reprise qu'il anticipe encore "incertaine".

Pour y parvenir, il suggère au gouvernement, qui a prévu un effort de 20 milliards d'euros sur les finances publiques en 2014, de ne retenir que la partie limitation des dépenses de son programme, soit deux tiers du total. Surtout, il juge que le gouvernement français ne peut se permettre d'entretenir de doute sur l'évolution des impôts et doit se fixer des objectifs plus explicites en matière d'évolution des dépenses.

Il conseille donc à la France de renoncer à de nouvelles hausses d'impôts.

Des objectifs clairs

Le FMI retient comme hypothèse une baisse de 0,2% du PIB français cette année suivi d'une croissance limitée à 0,8% en 2014, là où le gouvernement table toujours sur +0,1% cette année, et +1,2% en 2014.

Comme dans son rapport préliminaire publié début juin, il salue les réformes amorcées ces derniers mois par le gouvernement pour améliorer la compétitivité de l'économie française, mais insiste sur la nécessité d'en accélérer le rythme.

Evoquant celle, à venir, des retraites, il estime qu'elle devrait aller dans le sens d'une hausse du taux d'activité , via l'allongement de la vie professionnelle et des incitations pour raccourcir les périodes de chômage, plutôt que d'en passer par une hausse des cotisations.

Les explication de Marion L'Hour

Moscovici d'accord avec le FMI, mais pas sur tout

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a réagi ce mardi aux conclusions du FMI, en rappelant que "le projet de loi de finances pour 2014 (...) poursuivra l'effort de remise en ordre des finances publiques tout en soutenant la croissance. Il privilégiera les économies de dépenses par rapport aux hausses de prélèvements obligatoires ".

Le projet de loi de finances, qui sera présenté en septembre, devrait toutefois aller à l'encontre des préconisations du FMI sur la question des impôts . Puisqu'il inclut des hausses d'impôts pour un montant de 6 milliards d'euros, sur un effort total de 20 milliards d'euros.

Pierre Moscovici s'est par ailleurs félicité de l'évolution du FMI et des institutions européennes, qui tournent selon lui le dos aux "politiques d'austérité généralisée ".

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