Selon une étude de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines, qui regroupe 5 000 professionnels, la loi Travail n'est pas le "Big Bang" annoncé.

Manifestation contre la loi Travail en juillet 2016
Manifestation contre la loi Travail en juillet 2016 © Maxppp / William Joubrel/Wostok Press

Et si la loi El Khomri provoquait autant de déception chez les DRH que de colère chez les salariés ? En cette semaine de rentrée pour les opposants à la loi, avec une manifestation jeudi à l'appel de l'intersyndicale, cette étude éclaire le projet sous un jour un peu différent. La loi, adoptée le 21 juillet dernier, ne valait pas un tel affrontement, pour une grande partie des membres de l'ANDRH.

Selon une étude menée auprès de près de 450 professionnels dans des entreprises de tailles diverses, la loi ne va pas bouleverser les pratiques. Et elle pourrait même les compliquer...

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Un chiffre d'affaire en baisse sur une certaine durée : la définition plus stricte du licenciement économique favorisera-t-elle les embauches ? Pour 85 % des adhérents interrogés, c'est non. Le droit à la déconnexion ? Difficile à définir et pas prioritaire, pour 69 % des personnes interrogées... Bref, selon Jean-Paul Charlez, le président de l'ANDRH, pas de bouleversement en vue dans les entreprises : "La loi est complexe, au mois d'août tout le monde ne s'est pas consacré à sa lecture approfondie. Maintenant, il faut la digérer. Il y a des choses indiscutables, comme les accords majoritaires, qui ne seront pas toujours simples à mettre en place."

Ces accords sont pourtant réclamés par les directeurs des ressources humaines, utiles selon eux notamment sur le temps de travail. Mais ça ne valait pas une telle crispation.

Ce n''est pas une révolution. Les accords dérogatoires, ça existe depuis 2004 ! Depuis longtemps, les temps de  travail ont été aménagés dans les entreprises, et les 35 heures ne sont plus un sujet de fond.

Le DRH du groupe Etam appelle donc les politiques à laisser tomber les postures électoralistes. Il dénonce les recours annoncés des syndicats, "un combat d'arrière garde" selon lui. Plus d'une centaine de décrets restent à publier, ils devraient l'être d'ici la fin de l'année.

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